Publié le 14 octobre 2024. Une nouvelle approche thérapeutique développée à l’Université d’Örebro pourrait révolutionner la gestion du quotidien pour les adultes souffrant de TDAH, d’autisme et de handicaps cognitifs. L’étude met en lumière l’efficacité d’un programme d’accompagnement, baptisé « Suivre », pour améliorer l’organisation personnelle et le bien-être familial.
- Le programme « Suivre » aide les adultes atteints de TDAH et d’autisme à mieux gérer leur temps, leurs activités et leur énergie, avec des effets positifs notables sur leur vie familiale.
- Une identification plus précoce des difficultés et un accès facilité à ce type de soutien, y compris dans les centres de santé, sont recommandés pour une aide plus large.
- Les bénéfices du programme se maintiennent sur le long terme, offrant des perspectives d’amélioration durables pour les personnes concernées et leurs proches.
La vie quotidienne peut présenter des défis considérables pour les adultes atteints de troubles tels que le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité), l’autisme ou d’autres handicaps cognitifs. Ces difficultés touchent souvent plusieurs sphères : la sphère professionnelle, la vie familiale et la parentalité. L’Université d’Örebro, en Suède, a mené des recherches prometteuses sur une méthode visant à apporter un soutien concret à ces personnes.
Le programme « Suivre », conçu par des ergothérapeutes, se concentre sur la gestion du temps et l’organisation des activités quotidiennes. « Un soutien à la gestion du temps pour les adultes atteints de TDAH, d’autisme et de handicap mental pourrait améliorer la vie quotidienne de nombreuses personnes », souligne Maria Wingren, chercheuse à l’Université d’Örebro.
Alors que la gestion du temps est un enjeu pour chacun, elle revêt une importance particulière pour les personnes atteintes de certains troubles neurodéveloppementaux. Le programme « Suivre » propose un accompagnement structuré, généralement sous forme de sessions de groupe animées par un ergothérapeute sur une période de dix semaines. Ces sessions abordent des thèmes variés tels que l’utilisation d’agendas, l’élaboration de listes de tâches, la définition des priorités, et l’analyse du rythme quotidien et des niveaux d’énergie. Un aspect clé du programme réside dans le partage d’expériences et de conseils entre participants, favorisant ainsi la découverte de stratégies personnalisées.
Les résultats de la recherche sont particulièrement encourageants. Maria Wingren rapporte que l’impact positif du programme s’est étendu de manière inattendue à la sphère parentale. Les participants ont décrit une parentalité plus active et une meilleure prévisibilité dans leur quotidien, se traduisant par moins de conflits familiaux et des relations améliorées. « Les participants disent voir la différence. Ils peuvent avoir du temps pour leur propre récupération, un meilleur ordre, avoir la paix pour se détendre avec les enfants sur le canapé de la télévision le soir et faire d’autres activités, qui auraient pu être un défi auparavant », confie Maria Wingren.
Les chercheurs plaident pour une détection plus précoce des difficultés liées à la gestion du temps. Actuellement, le programme « Suivre » est souvent proposé après une orientation via des services de psychiatrie ambulatoire ou de réadaptation, une fois que les problèmes sont déjà bien installés. Maria Wingren suggère que ce soutien pourrait être rendu plus accessible, par exemple au sein des centres de santé pour les personnes se plaignant de fatigue ou de stress, ou encore auprès des jeunes parents confrontés à la complexité des routines familiales.
L’ergothérapie, discipline dont la gestion du temps est un pilier, propose déjà des accompagnements individuels pour aider à l’organisation de la vie quotidienne et du foyer. La recherche de Maria Wingren confirme l’efficacité de ces approches, qu’elles soient individuelles ou collectives comme avec « Suivre ».
Les bénéfices du programme semblent perdurer dans le temps. L’étude a révélé que l’amélioration de la gestion du temps se maintenait jusqu’à un an après la fin du programme. Cette persistance des effets est un point crucial, car les difficultés de gestion du temps associées au TDAH ou à l’autisme sont généralement chroniques. La prochaine étape de la recherche consistera à évaluer la rentabilité du programme, en collaboration avec des économistes, afin de fournir des données probantes pour les décisions des autorités régionales et municipales.
Il est à noter que, bien que le programme « Suivre » soit une intervention de groupe, les recherches n’ont pas révélé d’efficacité supérieure par rapport aux séances individuelles avec un ergothérapeute, les deux modalités améliorant significativement la gestion du temps des participants.
« Suivre » est d’ailleurs recommandé comme intervention dans les directives nationales suédoises du Conseil national de la santé et du bien-être social pour le TDAH et l’autisme.