Publié le 24 février 2026 20:11:00. La pandémie de COVID-19 a contraint les musées et centres scientifiques à repenser leur approche pédagogique, en développant massivement des programmes en ligne. Une étude récente évalue l’impact de cette transition et les défis rencontrés par les institutions culturelles.
- La pandémie a forcé les musées à proposer des programmes en ligne, souvent avec des budgets réduits et un personnel limité.
- Une nouvelle étude analyse l’état de la programmation numérique des musées trois ans après le début de la crise sanitaire.
- Si le numérique a été globalement bien accueilli, les musées soulignent la nécessité d’une formation accrue pour améliorer la qualité de l’offre en ligne.
La visite d’un musée, d’un zoo ou d’un aquarium est une expérience immersive, conçue pour stimuler la curiosité et offrir une nouvelle perspective sur le monde. Ces lieux s’appuient sur l’environnement physique pour engager les visiteurs et susciter l’émerveillement. En mars 2020, la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement ont brutalement interrompu cette dynamique, contraignant environ 90 % des musées, zoos et aquariums à fermer leurs portes au public.
Les éducateurs de ces institutions se sont alors retrouvés face à un défi inédit : comment maintenir le lien avec un public inaccessible physiquement ? Megan Ennes, conservatrice associée de l’éducation muséale au Musée d’histoire naturelle de Floride, explique :
« Beaucoup d’entre nous aiment l’éducation muséale parce qu’elle est pratique et engageante. On incite les visiteurs à interagir avec de vrais artefacts ou animaux. Tout d’un coup, c’était une transmission à sens unique. »
La réponse initiale a consisté à utiliser les outils disponibles, notamment les réseaux sociaux, avant de développer des solutions plus adaptées. Rapidement, les logiciels de téléconférence comme Zoom ont permis de coordonner des événements en ligne, mais la création de contenu numérique s’est avérée complexe et exigeante.
Une étude menée par Megan Ennes et publiée dans la Quarterly Review of Distance Education a permis d’évaluer l’évolution de la programmation des musées pendant et après la pandémie. En février 2020, avant le début de la crise, Ennes avait déjà lancé une enquête auprès de ses pairs pour dresser un état des lieux de l’offre en ligne existante. Cette enquête initiale a servi de point de référence pour mesurer l’impact de la pandémie sur les pratiques pédagogiques.
Les résultats de l’étude de 2023, basés sur les réponses de 100 professionnels, montrent que 81 % des musées continuent de proposer des programmes en ligne, principalement destinés aux élèves de la maternelle à la 12e année. Ce développement s’explique par un besoin mutuel : les musées cherchaient à maintenir un lien avec leur public, tandis que les écoles étaient à la recherche de contenu numérique pour les élèves confinés. Avant la pandémie, environ un million d’étudiants aux États-Unis étaient inscrits à des cours en ligne ; ce chiffre a grimpé à 55 millions en quelques jours.
La pandémie a également favorisé les partenariats entre les musées et les écoles. Ennes souligne :
« Dans certains endroits, les gens ont pu se rassembler et dire : ‘Hé ! C’est un tout nouveau monde. Voyons ce que nous pouvons faire avec succès.’ »
Malgré ces succès, les professionnels du secteur soulignent la nécessité d’une formation accrue en matière de pédagogie numérique. Moins de 15 % des personnes interrogées ont pu participer à des conférences sur le sujet, et plus de la moitié souhaiteraient bénéficier d’un développement professionnel supplémentaire. Selon l’étude, il est essentiel d’investir dans la formation pour rendre la programmation des musées en ligne plus efficace et plus engageante pour les publics virtuels.
Isabelle Gain, de l’Université de Floride, a également contribué à cette étude.
Source : Megan Ennes, mennes@floridamuseum.ufl.edu
Rédacteur : Jerald Pinson, jpinson@flmnh.ufl.edu 352-294-0452