Publié le 2025-10-18 16:00:00. L’animateur chilien Léon Caprile fait son grand retour sur le petit écran après six ans d’absence, aux commandes de l’émission qu’il a rendue célèbre. Il revient également sur l’actualité brûlante du pays, de l’affaire Bernarda Vera Contardo à la crise migratoire, en passant par la sécurité.
Après six ans loin des projecteurs, Léon Caprile retrouve le « programme de ses amours » avec l’aide de Chilevisión (CHV). L’animateur, autrefois aux commandes du jeu télévisé devenu culte au tournant du siècle, fera son grand retour ce lundi 20 octobre sur le petit écran. Il s’agira cependant d’une participation ponctuelle : « Ce n’est pas une participation permanente, mais plutôt une apparition hebdomadaire où je participe à la décision finale concernant les participants », a-t-il précisé auprès de BioBioChili.
Pour le communicateur, le retour de ce type d’émissions télévisées, et d’autres formats similaires, est symptomatique d’un phénomène observé ces derniers temps, accentué par la pandémie : une vague de nostalgie. « La télévision, au-delà de mes goûts personnels, dépend des décisions et des préférences du public et des chaînes. Ces dernières cherchent des moyens de satisfaire cette attente, et c’est un pari audacieux, car il faut deviner ce qui pourrait plaire », analyse-t-il.
Il poursuit : « Il y a des signes clairs d’un besoin de réintroduire des programmes qui ont marqué les esprits. Si l’on observe le nombre d’émissions qui font leur comeback, on constate une certaine nostalgie, un attachement aux contenus du passé, et c’est une opportunité », explique ce natif de Valparaíso.
« Un arbre ne laisse pas voir la forêt »
Léon Caprile s’est également exprimé sur l’affaire Bernarda Vera Contardo, une femme présentée comme disparue pendant la dictature et retrouvée en Argentine par une équipe de CHV sous une nouvelle identité. Cet événement a relancé le débat sur les commissions d’enquête et la véracité des rapports concernant les crimes de cette période.
« Je serais très prudent sur cette question, car un dicton dit qu’on ne voit pas la forêt derrière un arbre. C’est un cas très particulier, une situation singulière », a déclaré Caprile, suggérant que la femme aurait pu choisir de se cacher par peur.
« C’est un sujet extrêmement personnel et sensible. Ce genre d’apparition et de contradiction avec les faits nuit évidemment à de nombreuses personnes qui ont été persécutées et portées disparues et qui méritent une reconnaissance. Pour moi, c’est un vrai casse-tête », a-t-il reconnu. Néanmoins, il affirme : « Je ne pense pas que la gravité des événements survenus au Chili va en être affectée. »
« Ce n’est pas la faute du migrant, c’est la faute de ce qui le provoque »
La crise migratoire n’épargne pas non plus le communicateur, qui estime qu’il s’agit d’un problème à résoudre à la source. « Ce n’est pas la faute du migrant, c’est la faute de ce qui le provoque. Et au Chili, nous avons un problème d’immigration important », constate-t-il.
Il ajoute : « Nous avons nous-mêmes été des migrants, nous avons fui, nous avons cherché refuge. Le Venezuela a accueilli les Chiliens avec une grande générosité, bien que pas dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui. Il est donc très difficile de juger, mais les raisons sont claires. »
Pour l’animateur, la réalité d’une dictature au Venezuela, source d’une crise économique marquée par les pénuries et le manque d’emplois, contraint de nombreuses personnes à fuir. Il reconnaît toutefois que parmi le flux de personnes arrivant au pays, il y a « des bons et des mauvais, comme partout ailleurs ».
Léon Caprile évoque également l’image des Chiliens à l’étranger, notamment ceux surnommés les « lances internationales » : « Nous envoyons et exportons des voleurs qui font la une des journaux du monde entier. Sans cela, personne ne nous recevrait », ironise-t-il.
« Ce n’est pas la faute du migrant, c’est la faute de ce qui le provoque. Et au Chili, nous avons un problème d’immigration important. Nous avons nous-mêmes été des migrants, nous avons fui, nous avons cherché refuge. Le Venezuela a accueilli les Chiliens avec une grande générosité, bien que pas dans les mêmes proportions qu’aujourd’hui. Il est donc très difficile de juger, mais les raisons sont claires. »
Léon Caprile, animateur
« Au Chili, il y a une crise sécuritaire »
La crise sécuritaire que traverse le pays est une préoccupation partagée par une majorité de Chiliens, au-delà de leurs affiliations politiques. Si la faute est souvent attribuée au gouvernement ou à un éventuel effet amplificateur des médias, pour l’animateur, la situation est limpide.
« Oui, il y a sans aucun doute une crise de sécurité au Chili, comme dans toute l’Amérique du Sud, comme dans le monde entier. La différence, c’est que ces derniers temps, des actions concrètes ont été entreprises pour la combattre, et les niveaux de violence et d’insécurité ont augmenté précisément parce que ce sont des coutumes, des habitudes et des styles importés, qui ne nous appartiennent pas vraiment », déclare-t-il.
Pour Caprile, la solution ne réside pas dans la critique du gouvernement, « ni dans le jet de pierres, ni dans des déclarations grandiloquentes, ou quoi que ce soit de ce genre », mais dans un choix électoral éclairé.