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L’EPFL restaure la mémoire chez des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer en activant des gènes spécifiques dans le cerveau

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Publié le 16 février 2026 08h17. Des chercheurs de l’EPFL ont réussi à restaurer la mémoire chez des souris âgées et des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer en réactivant brièvement trois gènes spécifiques dans les neurones impliqués dans la mémoire, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques pour lutter contre le déclin cognitif.

  • L’activation ciblée de trois gènes (OSK) dans les neurones du cerveau permet de restaurer la mémoire chez des souris âgées et des modèles animaux d’Alzheimer.
  • Cette approche, basée sur la « reprogrammation partielle », agit sur les « engrammes », les groupes de neurones qui stockent les souvenirs.
  • Les résultats suggèrent qu’il est possible de réparer les fonctions de la mémoire même après l’apparition de troubles cognitifs, sans effets secondaires majeurs.

La perte de mémoire, souvent considérée comme une conséquence inéluctable du vieillissement ou de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, pourrait ne pas être aussi irréversible qu’on le pensait. Des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont mis au point une méthode innovante pour revitaliser les neurones impliqués dans la mémoire, améliorant ainsi les capacités d’apprentissage et de rappel chez des modèles animaux.

Le cerveau possède une capacité remarquable d’adaptation, appelée plasticité synaptique, qui lui permet de modifier la force des connexions entre les neurones pour faciliter l’apprentissage et la mémorisation. Cependant, le vieillissement et la maladie d’Alzheimer compromettent les mécanismes qui maintiennent cette flexibilité neuronale. Les chercheurs de l’EPFL se sont concentrés sur les engrammes, ces ensembles de neurones qui s’activent lors de l’apprentissage et qui sont ensuite réactivés pour évoquer les souvenirs. Dans les cerveaux vieillissants ou touchés par la maladie d’Alzheimer, ces engrammes deviennent dysfonctionnels, entraînant des troubles de la mémoire.

L’équipe de l’EPFL a exploré la possibilité de « rajeunir » ces neurones engrammes pour restaurer la mémoire après l’apparition des premiers signes de déclin cognitif. Ils ont utilisé une technique appelée « reprogrammation partielle », qui consiste à activer brièvement trois gènes spécifiques – OSK (Oct4, Sox2 et Klf4) – uniquement dans les neurones engrammes liés à l’apprentissage, et non dans l’ensemble du cerveau. Cette approche permet d’éviter les effets indésirables potentiels d’une reprogrammation généralisée.

Pour mettre en œuvre cette reprogrammation partielle, les chercheurs ont recouru à la thérapie génique, en utilisant des virus inoffensifs pour introduire le matériel génétique nécessaire dans le cerveau. Ils ont d’abord identifié les neurones actifs pendant l’apprentissage grâce à un marqueur fluorescent, puis ont ajouté un interrupteur permettant d’activer les gènes OSK pendant une courte période. L’intervention s’est concentrée sur deux zones cérébrales clés : le gyrus denté de l’hippocampe, une région essentielle à la formation et à la consolidation des nouveaux souvenirs, et le cortex préfrontal médial, impliqué dans le stockage des souvenirs à long terme.

Les résultats obtenus chez les souris âgées ont été encourageants : l’activation des gènes OSK dans les neurones engrammes de l’hippocampe a permis de restaurer la mémoire à des niveaux comparables à ceux des jeunes souris. De même, l’activation dans le cortex préfrontal a amélioré la consolidation des souvenirs anciens. Les neurones traités présentaient des caractéristiques de cellules plus jeunes, notamment une meilleure structure nucléaire.

Dans un modèle animal de la maladie d’Alzheimer, où les souris présentent des difficultés d’apprentissage et de mémorisation, la reprogrammation des engrammes du gyrus denté a amélioré les performances dans des tâches de navigation et de mémoire. La focalisation sur le cortex préfrontal a quant à elle permis de restaurer la mémoire à long terme. Les chercheurs ont également observé une amélioration de l’activité génétique et de l’activation neuronale associées à la maladie d’Alzheimer.

Cette étude démontre que cibler brièvement un nombre limité de neurones impliqués dans la mémoire peut inverser le déclin cognitif sans entraîner de risques majeurs, ce qui ouvre la voie à de futures thérapies pour lutter contre les troubles de la mémoire liés à l’âge ou à la maladie d’Alzheimer.

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