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L’Équateur libère un survivant de la frappe américaine contre un « sous-marin antidrogue » dans les Caraïbes

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Publié le 2025-10-15 17:01:00. L’Équateur a refusé de garder un ressortissant, survivant d’une attaque américaine contre un sous-marin suspecté de trafic de drogue dans les Caraïbes, arguant de l’absence de délit signalé. Cette décision soulève des questions sur la légalité et la portée des opérations antidrogue menées par les États-Unis dans la région.

Les forces militaires américaines ont intercepté un sous-marin semi-submersible dans les Caraïbes, entraînant la mort de deux des occupants et la capture de deux survivants, l’un équatorien et l’autre colombien. Selon Donald Trump, alors président des États-Unis, ces derniers devaient être renvoyés dans leur pays pour y être poursuivis. Cependant, le bureau du procureur général équatorien a indiqué ne pouvoir arrêter le ressortissant de son pays, faute de signalement de délit.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une campagne américaine accrue contre le trafic de drogue en mer. Les États-Unis ont déployé un contingent important, comprenant environ 10 000 soldats, des dizaines d’avions et de navires militaires, dans le but de démanteler les réseaux de narcotrafiquants. Ces frappes, menées depuis début septembre, ont conduit à la mort d’au moins 32 personnes, selon l’armée américaine.

Le sous-marin intercepté transportait, d’après Donald Trump, « principalement du fentanyl et d’autres stupéfiants illégaux ». Il a décrit l’embarcation comme ayant été « construite spécifiquement pour le transport de quantités massives de drogue », ajoutant que « ce n’était pas un groupe de personnes innocentes ». Une vidéo de l’attaque, diffusée par le président américain sur son compte Truth Social, montre le semi-submersible heurté par un projectile en pleine mer.

Cependant, des experts en trafic de drogue ont souligné que le fentanyl parvient aux États-Unis principalement via le Mexique, et non via les pays du sud des Caraïbes où se déroulent ces opérations. De plus, la légalité de ces frappes a été remise en question par certains experts, qui y voient une violation du droit international. L’administration Trump a cependant maintenu sa position, affirmant cibler des « narcoterroristes ».

Le survivant équatorien, identifié comme Andrés Fernando Tufiño, a été jugé en bonne santé par les autorités. Un document du gouvernement équatorien, consulté par l’Associated Press, stipule qu’il n’y avait « aucune preuve ou indication » permettant aux procureurs de certifier que M. Tufiño avait enfreint la loi équatorienne.

Le ressortissant colombien, Jeison Obando Pérez, 34 ans, est arrivé dans son pays dans un état critique, souffrant d’un traumatisme crânien et sous assistance respiratoire. Le ministre colombien de l’Intérieur a précisé qu’il se trouvait à bord d’un « bateau rempli de cocaïne », ce qui constitue un crime en Colombie. Il est actuellement soigné dans un hôpital de Bogotá.

Ces opérations américaines dans les Caraïbes visent notamment les navires quittant le Venezuela. Donald Trump a accusé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, de diriger un cartel de trafiquants. Maduro a nié ces accusations, affirmant que les opérations américaines visaient en réalité à le renverser du pouvoir. Les tensions restent vives, les États-Unis ayant intensifié la pression sur le Venezuela, y compris par le biais d’opérations secrètes menées par la CIA.

Des responsables américains ont également indiqué que des frappes antérieures avaient ciblé le gang vénézuélien Tren de Aragua. Néanmoins, des questions persistent quant à l’identité des personnes à bord des navires interceptés. Le président colombien Gustavo Petro avait vivement critiqué une frappe américaine en septembre, la qualifiant de « meurtre » et affirmant qu’elle avait eu lieu dans les « eaux territoriales colombiennes ». En réponse, Donald Trump avait qualifié Petro de « leader de la drogue illégale » et avait menacé de suspendre l’aide américaine et d’imposer des droits de douane sur les produits colombiens.

Par ailleurs, les médias de Trinité-et-Tobago ont demandé des éclaircissements concernant le possible décès de deux de leurs ressortissants lors d’une de ces frappes. Le gouvernement de la nation insulaire a toutefois exprimé son « ferme soutien à l’intervention militaire en cours des États-Unis d’Amérique dans la région », estimant que ces opérations contribuent à faire de la région une « zone de paix » sécurisée.

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