Le syndrome de Guillain-Barré (SGB) est une pathologie auto-immune rare mais sérieuse où le système immunitaire attaque par erreur les nerfs périphériques. Bien que ses causes exactes demeurent floues, le SGB peut se manifester par une faiblesse musculaire, des engourdissements, des picotements, et dans les cas les plus graves, une paralysie. Si la majorité des patients se rétablissent, l’atteinte des muscles respiratoires ou des fonctions autonomes peut s’avérer mortelle.
Ce syndrome ne se transmet pas d’une personne à l’autre, à la différence de la grippe ou du COVID-19. Cependant, certaines infections qui peuvent déclencher le SGB sont, elles, contagieuses. L’âge n’est pas un facteur discriminant, bien que le SGB touche plus fréquemment les adultes et les personnes âgées.
Les infections, principaux déclencheurs du SGB
Dans la majorité des cas, le SGB survient suite à une infection bactérienne ou virale. Cette dernière provoque une réponse immunitaire disproportionnée, conduisant le corps à s’attaquer à ses propres nerfs. Parmi les agents pathogènes fréquemment associés au SGB, on retrouve :
- Bactéries d’origine alimentaire : Campylobacter jejuni, une cause majeure d’intoxications alimentaires, souvent contractée par la consommation de volaille mal cuite ou d’eau contaminée.
- Virus de la grippe : Des cas de SGB ont été observés après une infection grippale, et plus rarement, suite à une vaccination contre la grippe.
- Cytomégalovirus (CMV) : Un virus très répandu, particulièrement chez les personnes immunodéprimées.
- Virus d’Epstein-Barr (EBV) : Responsable de la mononucléose, il est également lié à certains cas de SGB.
- Virus Zika : Transmis par les moustiques, il a été associé à une augmentation des cas de SGB dans les régions touchées.
Les infections des voies respiratoires supérieures (rhume, sinusite, pneumonie) et les infections gastro-intestinales, notamment celles causées par Campylobacter, sont également des déclencheurs importants du syndrome.
Autres facteurs potentiels et prévention
Bien que la vaccination soit considérée comme sûre, dans de rares circonstances, le SGB a été observé après une vaccination contre la grippe, le COVID-19 ou d’autres maladies. Le risque demeure cependant considérablement inférieur à celui associé aux infections elles-mêmes.
Des maladies auto-immunes, des réactions médicamenteuses, des interventions chirurgicales ou des traumatismes peuvent parfois précipiter l’apparition du SGB. Le stress et une prédisposition génétique pourraient également jouer un rôle.
Puisque le SGB est majoritairement une séquelle d’infections, leur prévention est donc une stratégie clé. Cela inclut :
- Un lavage fréquent des mains pour éviter les infections bactériennes et virales.
- Une cuisson adéquate des aliments, particulièrement la volaille, afin de prévenir les infections à Campylobacter.
- La vaccination contre la grippe, le COVID-19 et d’autres maladies évitables.
- La consommation d’eau potable et saine.
- La protection contre les moustiques dans les zones où le virus Zika est présent.
- Le renforcement du système immunitaire par une alimentation équilibrée, l’exercice physique et une bonne hygiène.
Des cas documentés en Inde
Des signalements en Inde font état de sept décès suspects parmi 197 patients atteints du SGB.
Il est essentiel de rappeler que les symptômes du SGB peuvent ressembler à ceux d’autres affections neurologiques. Un diagnostic précis nécessitera donc des examens complémentaires menés par un professionnel de santé.
En cas de faiblesse soudaine, d’engourdissement ou d’incapacité à bouger, il est impératif de consulter un médecin sans délai. Un traitement précoce améliore significativement le pronostic.