Publié le 25 février 2026 à 16h03. Le gardien de but américain Connor Hellebuyck, auréolé d’une médaille d’or olympique aux Jeux de Milan-Cortina, a été honoré par Donald Trump de la Médaille présidentielle de la Liberté, une distinction qui souligne la politisation croissante du sport aux États-Unis.
Lors de son discours sur l’état de l’Union, mardi, Donald Trump a accueilli les membres de l’équipe nationale masculine de hockey des États-Unis avec des acclamations, annonçant que Connor Hellebuyck recevrait la plus haute distinction civile américaine. « Quels champions spéciaux vous êtes », a déclaré Trump aux joueurs, qui avaient battu le Canada dimanche en finale des Jeux olympiques d’hiver.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le sport et la politique, une tendance exacerbée sous la présidence de Trump. Le gardien de but, âgé de 32 ans, a réalisé 41 arrêts sur 42 tirs lors de la finale contre le Canada, contribuant de manière décisive au premier sacre olympique des États-Unis en hockey sur glace masculin depuis 46 ans. Trump a souligné l’importance de cette victoire pour illustrer le regain de puissance américaine : « Notre pays est à nouveau en train de gagner », a-t-il affirmé avant de présenter l’équipe.
L’invitation de l’équipe à la Maison Blanche, et la décision de récompenser Hellebuyck, n’ont pas été sans susciter de réactions. Une vidéo largement diffusée en ligne montre les joueurs écoutant l’invitation de Trump après leur victoire à Milan. Jack Hughes, l’auteur du but vainqueur, a déclaré que l’équipe était « fière d’être Américaine » et que la visite était un moment patriotique, tout en reconnaissant que « tout est tellement politique ». La question de savoir qui est autorisé à participer ou qui est suffisamment américain pour représenter le pays est devenue un sujet de débat récurrent.
L’intérêt soudain de Trump pour le hockey remonte à février dernier, lors d’un tournoi de mise au jeu des quatre nations de la LNH. Il avait alors envisagé d’annexer le Canada, le considérant comme un 51e État américain. Plus récemment, après qu’Ottawa ait conclu un accord commercial avec la Chine, Trump a averti que la Chine « prendrait le contrôle du Canada » et mettrait fin au hockey sur glace. Il a même spéculé que la Chine « éliminerait définitivement la Coupe Stanley ».
L’unité affichée par l’équipe masculine de hockey n’était pas totale. Plusieurs joueurs, dont quatre originaires du Minnesota, n’ont pas assisté à la cérémonie à la Maison Blanche, invoquant des raisons diverses. L’équipe féminine américaine de hockey, également médaillée d’or, a décliné son invitation, soulignant ainsi une divergence d’opinions au sein de la communauté sportive américaine. Trump a mentionné dans son discours qu’il recevrait l’équipe féminine « bientôt », mais aucune confirmation officielle n’a été donnée.
Cette affaire rappelle les propos du skieur acrobatique américain Hunter Hess, qui avait déclaré qu’il ne représentait pas toutes les politiques des États-Unis en participant aux Jeux olympiques. Trump avait alors critiqué Hess, l’accusant d’être un « vrai perdant ». Comme l’a souligné Hughes, le sport et la politique sont inextricablement liés, et les athlètes sont désormais appelés à prendre position dans un contexte politique polarisé.