Publié le 21 février 2026 07:10:00. Après une forte augmentation pendant la pandémie, le télétravail semble reculer en Irlande, selon les derniers chiffres du Bureau central des statistiques (CSO). Cette tendance, bien que fragile, pourrait signaler un changement plus profond sur le marché du travail.
- Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, la proportion de salariés en télétravail a diminué sur trois trimestres consécutifs.
- Le nombre de travailleurs hybrides a baissé de 78 000 personnes depuis le premier trimestre de l’année dernière.
- Près de 960 000 personnes travaillent encore à distance, soit plus de trois fois le niveau d’avant la pandémie.
Si certains employeurs durcissent leurs règles concernant le travail hybride, un retour massif au bureau ne s’était pas encore concrétisé. Les nouvelles données du Bureau central des statistiques (CSO) suggèrent toutefois un possible inflexion de cette tendance.
Avant la crise sanitaire, environ 15 % des salariés irlandais télétravaillaient parfois ou habituellement. Ce chiffre a explosé à 44 % pendant les confinements. Bien qu’il ait diminué après la levée des restrictions, il est resté stable autour de 35 % depuis l’été 2022.
L’enquête sur la population active de cette semaine révèle un changement notable : la proportion de télétravailleurs a diminué pour la première fois depuis le début de la pandémie. Cette baisse s’accompagne d’une diminution de 78 000 travailleurs hybrides depuis le premier trimestre de l’année dernière.
Cette évolution pourrait être perçue favorablement par les employeurs, les investisseurs immobiliers et les commerçants des centres-villes, dont les activités ont été perturbées par le développement du travail hybride. Cependant, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.
D’une part, le recul observé n’est pas suffisamment marqué pour parler d’une tendance établie. Les intempéries de janvier et février, qui ont entravé les déplacements, pourraient entraîner un rebond du télétravail au cours des trois premiers mois de l’année.
D’autre part, en termes absolus, près de 960 000 personnes continuent de travailler à domicile, soit plus de trois fois le nombre enregistré avant la pandémie. Ce chiffre souligne l’ampleur du changement structurel opéré par le télétravail.
Plus préoccupant encore, la diminution du télétravail pourrait être le reflet d’un contexte macroéconomique moins favorable. Le véritable test du travail hybride résidera dans sa capacité à résister à un ralentissement du marché du travail, qui donnerait plus de pouvoir aux employeurs.
Les données du CSO indiquent une légère augmentation du chômage et un ralentissement de la croissance de l’emploi. La contraction du travail hybride pourrait donc être liée à des pertes d’emplois significatives dans les secteurs de services, où il est le plus répandu.
Depuis leurs sommets de l’année dernière, les secteurs de la technologie et des services professionnels ont perdu plus de 37 000 emplois, tandis que l’emploi dans l’ensemble de l’économie de bureau a diminué de près de 50 000. Comme le dit le proverbe, il faut se méfier de ses vœux.