Publié le 2025-11-06 16:02:00. La planète s’enfonce dans une ère de températures record, le changement climatique poussant les conditions météorologiques à des extrêmes préoccupants. Un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) tire la sonnette d’alarme, confirmant une tendance alarmante qui rend les records de chaleur la nouvelle norme.
- 2025 se profile comme la deuxième ou troisième année la plus chaude jamais enregistrée.
- Depuis 2014, chaque année a été exceptionnellement chaude, inversant la tendance historique.
- La fonte des glaces et le réchauffement des océans atteignent des niveaux sans précédent.
Le rapport sur l’état du climat mondial de l’OMM brosse un tableau sombre de la situation climatique. Il met en évidence une « série alarmante de températures exceptionnelles » causées par le changement climatique, qui conduit à des conditions de plus en plus difficiles. Ces données confirment que l’exceptionnel devient la règle, avec une décennie – depuis 2014 – marquée par une chaleur record.
Les indicateurs du changement climatique sont tous au rouge. La glace de mer et les glaciers continuent leur retraite accélérée. L’Arctique a connu son hiver le moins verglacé jamais enregistré, tandis que la fonte estivale a atteint des sommets récents. Au total, 450 milliards de tonnes de glace ont fondu à l’échelle planétaire. Le Venezuela a vu son dernier glacier, le glacier Humboldt, disparaître, rejoignant la Slovénie comme pays ayant perdu l’intégralité de ses glaciers à l’ère moderne.
Les océans, loin d’être épargnés, battent eux aussi des records. Leur température, qui n’a cessé d’augmenter cette année, dépasse les niveaux de 2024. Ce réchauffement entraîne une dilatation des eaux, contribuant à l’élévation du niveau de la mer. De plus, cette chaleur accrue intensifie les tempêtes, réduit la capacité des océans à absorber les gaz à effet de serre et dévaste les écosystèmes marins.
L’élévation du niveau de la mer, combinant la fonte des glaces et l’expansion thermique des océans, s’est accélérée pour atteindre 4,1 mm par an entre 2016 et 2025, soit le double du rythme du début des années 2000. Les conséquences sont déjà dramatiques : précipitations extrêmes, inondations dévastatrices et incendies de forêt ravagent personnes, biens, entreprises et habitats naturels partout dans le monde.
Ces constats ont été présentés lors du Sommet des Nations Unies sur le climat Cop30, qui s’est tenu à Belém, au Brésil. L’objectif de cette rencontre était de pousser les pays à soumettre de nouveaux plans d’action climatiques nationaux. L’ambition collective était de réduire suffisamment les émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels. Cependant, les dirigeants ont reçu un avertissement sans appel de la part de la Secrétaire générale de l’OMM.
« Cette série de températures élevées sans précédent, combinée à l’augmentation record des niveaux de gaz à effet de serre de l’année dernière, montre clairement qu’il sera pratiquement impossible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré dans les prochaines années sans dépasser temporairement cet objectif. Mais la science est tout aussi claire : il est encore tout à fait possible et essentiel de ramener les températures à 1,5 degré d’ici la fin du siècle. »
Celeste Saulo, Secrétaire générale de l’OMM
Face à cette urgence, le Secrétaire général des Nations Unies a lancé un appel à l’action immédiate.
« Chaque année, une température supérieure à 1,5 degré va bouleverser les économies, creuser les inégalités et infliger des dommages irréversibles. Nous devons agir maintenant, à grande vitesse et à grande échelle, pour rendre le dépassement aussi petit, aussi court et aussi sûr que possible – et ramener les températures en dessous de 1,5 degré avant la fin du siècle. »
Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies