Publié le 2025-11-06 06:46:00. Les actionnaires de Tesla sont appelés à se prononcer aujourd’hui sur une rémunération potentiellement astronomique pour Elon Musk, un package qui pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars, suscitant un vif débat au vu des performances récentes du constructeur automobile.
- Un plan de rémunération de 1 000 milliards de dollars (environ 870 milliards d’euros) est soumis au vote des actionnaires de Tesla.
- Ce plan, porté par la présidente Robyn Denholm, pourrait porter la participation d’Elon Musk à 25% s’il atteint des objectifs ambitieux.
- Le PDG a menacé de quitter l’entreprise si ce package n’était pas approuvé.
La proposition accorde à Elon Musk un nouveau paquet d’options sur actions, dont la valeur pourrait s’envoler pour atteindre la somme stupéfiante de 1 000 milliards de dollars sur la prochaine décennie. Cette éventualité intervient dans un contexte où les rémunérations des dirigeants atteignent des sommets et où l’écart salarial se creuse. La présidente du conseil d’administration, Robyn Denholm, défend activement cet accord, le présentant comme un levier essentiel pour la croissance future de l’entreprise. Cependant, la justification d’une telle somme repose sur la capacité de Musk à générer une croissance « inimaginable », une affirmation qui mérite d’être examinée à la lumière des chiffres actuels.
Les indicateurs de Tesla ne plaident pas franchement en faveur d’un « PDG irremplaçable ». Les expéditions de l’usine chinoise ont montré une tendance à la baisse, reculant sur huit des dix derniers mois. Parallèlement, les marchés européens connaissent un net fléchissement : les ventes au Royaume-Uni ont été divisées par deux en l’espace d’un an. Les immatriculations en Suède chutent de 89%, au Danemark de 86%, aux Pays-Bas de 50% et en Espagne de 31%. Même en Irlande, malgré une légère hausse de 0,37% depuis le début de l’année, Tesla accuse un retard par rapport à la croissance globale des immatriculations de voitures (+3,3%) et une performance inférieure à celle des véhicules électriques sur le marché (+38%). Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes de Tesla en Europe ont baissé de 28,5% par rapport à la période correspondante de 2024.
Face à ces réalités, Elon Musk a tenté de rassurer les actionnaires via la plateforme X, anciennement Twitter : « Tesla vaut plus que tous les autres constructeurs automobiles réunis. Lequel de ces PDG aimeriez-vous diriger Tesla ? ». Une question rhétorique qui appelle des réponses. Stella Li, à la tête de BYD, apparaît comme une alternative crédible, la marque chinoise surpassant Tesla sur les marchés européens et asiatiques. Il est également rappelé qu’Elon Musk dirige d’autres entreprises, dont la plateforme X, où il est un utilisateur très actif. Si un départ de Musk devait effectivement entraîner l’effondrement prédit par Mme Denholm, l’homme qui détient 16% de l’entreprise serait lui-même le premier à en pâtir.
Ce vote représente peut-être une opportunité pour les actionnaires de réévaluer la situation et d’exercer leur jugement.