Publié le 2025-10-31 09:00:00. Les revenus issus du cloud d’Amazon ont connu leur plus forte croissance en près de trois ans, propulsant l’entreprise vers des prévisions de ventes supérieures aux attentes et faisant s’envoler ses actions. Cette performance, largement tirée par l’engouement pour l’intelligence artificielle (IA), vient redonner un souffle à l’activité de commerce électronique à l’approche des fêtes.
- La division cloud d’Amazon Web Services (AWS) a enregistré une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, dépassant les prévisions des analystes.
- Amazon anticipe une augmentation significative de ses dépenses d’investissement l’année prochaine, notamment pour soutenir le développement de l’IA.
- Les actions du géant du e-commerce ont grimpé de 14 % en après-clôture, valorisant l’entreprise de 330 milliards de dollars supplémentaires.
Ce rebond spectaculaire s’explique en grande partie par la demande soutenue des entreprises pour les infrastructures cloud nécessaires au développement de l’intelligence artificielle. Cette vigueur du secteur cloud permet à Amazon de compenser le ralentissement de son activité de commerce électronique, qui traverse une période délicate marquée par une confiance des consommateurs amoindrie en raison des incertitudes économiques mondiales.
« AWS connaît une croissance que nous n’avions pas vue depuis 2022 », a souligné le PDG Andy Jassy. Il a ajouté : « Nous continuons de constater une forte demande pour l’IA et les infrastructures de base, et nous nous sommes concentrés sur l’accélération de notre capacité. » Ces déclarations, faites lors de la publication des résultats du troisième trimestre clos en septembre, témoignent d’une dynamique retrouvée pour le leader mondial du cloud computing.
En conséquence, Amazon prévoit un chiffre d’affaires net total pour le quatrième trimestre compris entre 206 et 213 milliards de dollars, dépassant les estimations des analystes qui tablaient en moyenne sur 208,12 milliards de dollars. La valeur boursière de l’entreprise a déjà pris environ 330 milliards de dollars dans les échanges après Bourse, et un rallye de cette ampleur lors de la prochaine séance officielle pourrait constituer son plus fort gain en pourcentage sur une journée depuis 2015.
Le directeur financier, Brian Olsavsky, a indiqué que les dépenses d’investissement pour l’ensemble de l’année devraient atteindre environ 125 milliards de dollars, avec des projections encore plus élevées pour l’année à venir. Sur les trois premiers trimestres, la société a déjà investi 89,9 milliards de dollars, principalement dans des projets liés à l’IA. Cette augmentation des investissements reflète une tendance générale au sein des grandes entreprises technologiques, telles que Microsoft et Alphabet (société mère de Google), qui investissent massivement dans les puces et les centres de données pour rester à la pointe de l’innovation en IA.
Malgré une semaine précédente ternie par une panne prolongée d’AWS ayant affecté de nombreux sites web et applications grand public, Amazon a su renverser la tendance. L’entreprise, qui était auparavant l’un des titres les moins performants parmi les « Magnificent 7 » (les sept plus grandes capitalisations technologiques), semble avoir dissipé les doutes quant à son rôle dans le développement de l’IA.
Ethan Feller, stratège boursier chez Zacks Investment Research, a commenté : « Le rapport confirme que les opérations d’Amazon tournent à plein régime après une année de sous-performance relative. » Il a précisé que malgré une croissance boursière modeste cette année, « les fondamentaux de l’entreprise ne se sont jamais affaiblis de manière significative ». Ce retour en force s’inscrit dans un contexte où les géants de la tech semblent déterminés à maintenir, voire accroître, leurs dépenses en IA, malgré les inquiétudes d’une bulle spéculative soulevées à Wall Street.
« Je regarde l’élan que nous avons actuellement et je crois que nous pouvons continuer à croître et à cliquer ainsi pendant un certain temps. Je pense qu’il existe de nombreux domaines dans lesquels nous pouvons espérer continuer à croître », a affirmé Andy Jassy lors de l’appel avec les analystes, faisant référence aux perspectives positives pour la publicité et la vente au détail.
Andy Jassy, PDG d’Amazon
Les résultats solides d’AWS font écho à ceux de ses concurrents directs, Microsoft Azure et Google Cloud, qui ont également annoncé une croissance soutenue de leurs revenus cloud. Cette dynamique sectorielle confirme l’importance capitale de l’IA comme moteur de croissance économique, comme l’a souligné Jerome Powell, président de la Réserve fédérale. Il a toutefois mis en garde contre l’impact potentiel de l’IA sur le marché du travail, tout en écartant la comparaison avec la bulle internet, arguant que les entreprises leaders actuelles « ont réellement des revenus ».
AWS, qui représente habituellement un peu plus de 15 % du chiffre d’affaires total d’Amazon, est un contributeur majeur à la profitabilité de l’entreprise, générant environ 60 % de son bénéfice d’exploitation total. L’unité avait déjà enregistré une croissance de son chiffre d’affaires de 17,5 % au deuxième trimestre.
Le secteur publicitaire a également affiché une belle performance, avec une augmentation des ventes de 24 % par rapport à l’année précédente, atteignant 17,7 milliards de dollars. Amazon a renforcé sa stratégie de promotion de produits sponsorisés et développé de nouveaux espaces publicitaires, notamment sur ses écrans Echo Show et dans les paniers d’épicerie connectés.
Parallèlement à ces bons résultats, Amazon a annoncé avoir provisionné 1,8 milliard de dollars pour des indemnités de départ. Ces mesures s’inscrivent dans un plan de réduction d’effectifs qui pourrait concerner environ 30 000 postes, après la suppression de 14 000 emplois dans les fonctions support. Ces réductions ne sont cependant pas motivées par des contraintes financières ou le développement de l’IA, mais relèvent d’une volonté de réorganiser la culture d’entreprise, selon Andy Jassy, qui a évoqué une création de couches hiérarchiques excessives ayant pu freiner la réactivité.
Les résultats ont également été impactés par une charge exceptionnelle de 25 milliards de dollars liée à un accord amiable avec la Federal Trade Commission (FTC), suite à des allégations selon lesquelles Amazon aurait trompé les consommateurs concernant leur abonnement Prime.