Publié le 2025-10-05 14:10:00. Une étude récente met en lumière le fardeau psychologique que représente le diabète de type 1 chez les jeunes patients. Les résultats soulignent un stress accru et une acceptation de la maladie parfois difficile, ouvrant la voie à des stratégies d’accompagnement renforcées.
- Les jeunes atteints de diabète de type 1 (DT1) subissent un niveau de stress particulièrement élevé, influencé par la gestion quotidienne de leur pathologie.
- L’éducation thérapeutique et le soutien psychologique sont identifiés comme des leviers essentiels pour améliorer la compréhension de la maladie et réduire l’anxiété.
- Malgré un niveau de connaissances globalement bon, certaines informations cruciales sur la gestion de la glycémie et les complications restent mal assimilées par une partie des patients.
Le diabète de type 1, qui touche de plus en plus de jeunes de moins de 20 ans à l’échelle mondiale, impose une gestion à vie de la maladie. Cette réalité, impliquant une surveillance constante de la glycémie, l’administration d’insuline et la gestion des épisodes d’hypo- et d’hyperglycémie, représente une source de stress significative, surtout pour les adolescents et jeunes adultes.
Dans ce contexte, une étude menée entre août 2023 et novembre 2024 a cherché à évaluer les connaissances, le niveau de stress et l’acceptation de la maladie chez de jeunes adultes atteints de DT1. Les participants, âgés de 18 à 35 ans et diagnostiqués depuis plus d’un an, ont été interrogés à l’aide d’échelles standardisées telles que le Perceived Stress Scale (PSS-10) et l’Acceptance of Illness Scale (AIS). Un questionnaire a également permis de tester leurs connaissances sur l’auto-surveillance et le traitement du DT1.
Au total, 274 patients ont participé à l’enquête. En moyenne, ils vivaient avec le DT1 depuis 13,4 ans. La majorité utilisait une pompe à insuline, avait un niveau d’études secondaires, était professionnellement active et ne fumait ni ne consommait d’alcool. L’indice de masse corporelle (IMC) moyen était de 25 kg/m² et le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) moyen s’élevait à 7,94%. Le temps passé dans la cible glycémique (Time in Range, TIR) était en moyenne de 70%.
Les résultats du test de connaissances ont révélé un score médian de 18 sur 20. Cependant, certaines affirmations ont posé problème : 75,2% des participants ont eu du mal à identifier que le DT1 n’est pas causé par une consommation excessive de sucre ou un manque d’activité physique. De même, une majorité a eu des difficultés à définir précisément les plages de glycémie idéales (80-140 mg/dL) et le seuil d’hyperglycémie (≥160-180 mg/dL). Enfin, 70,1% des répondants n’ont pas su que l’hypoglycémie sévère contre-indique l’activité physique pendant 24 heures.
Sur le plan psychologique, l’étude a mis en évidence une corrélation positive entre le niveau de stress ressenti et l’IMC des patients (P = 0,00275), ainsi qu’entre la durée de la maladie et la fréquence des hyperglycémies nocturnes. Fait notable, aucun lien n’a été trouvé entre le niveau de stress et l’étendue des connaissances acquises sur la maladie.
En ce qui concerne l’acceptation de la maladie, une relation négative a été observée avec le taux d’HbA1c et les épisodes d’hyperglycémie diurnes. Là encore, aucune corrélation n’a été établie entre l’acceptation de la maladie et le niveau de connaissances.
« L’acceptation prévient une diminution de la qualité de vie et réduit le risque de complications liées à la maladie. Il est très important lors du développement d’un mode de vie différent, y compris de nouvelles règles et limitations. »
Anna Stefanowicz-Bielska et ses collègues, Département de pédiatrie, de diabétologie et d’endocrinologie, Centre Clinique Universitaire de Gdańsk
Face à ces constats, les chercheurs soulignent l’importance des technologies d’auto-surveillance modernes et des programmes d’éducation thérapeutique. Ces outils peuvent aider les patients à mieux comprendre les principes de leur traitement et à mieux gérer les défis du quotidien, contribuant ainsi à atténuer le stress et à favoriser une meilleure acceptation de leur condition.
Références
- Stefanowicz-Bielska A, Rąpała M, Mazuryk K, Dygaszewicz E. Knowledge, Stress, and Illness Acceptance Level in Young Adults With Type 1 Diabetes Mellitus. Frontiers in Endocrinology. 2025; 16. doi: 10.3389/fendo.2025.1648260
- Wijk I, Amsberg S, Johansson UB, Livheim F, Toft E, Anderbro T. Impact of acceptance and commitment therapy program on HbA1c, self-management, and psychosocial factors in adults with type 1 diabetes and high HbA1c levels: a randomized controlled trial. BMJ Open. 2023; 13(12): e072061. Published 2023 Dec 14. doi: 10.1136/bmjopen-2023-072061