Publié le 15 février 2026 13h50. Au cœur du Queensland australien, un hôpital dédié aux chauves-souris frugivores, les « renards volants », se bat pour soigner ces animaux menacés par la destruction de leur habitat, les maladies et les effets du changement climatique.
- L’hôpital Tolga Bat, situé près de Cairns, soigne jusqu’à 1 000 chauves-souris par an, dont beaucoup sont des renards volants à lunettes, une espèce en voie de disparition.
- Les principales menaces pour ces animaux incluent les tiques paralysantes, la perte d’habitat et les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes liées au changement climatique.
- L’hôpital, qui dépend largement de bénévoles, joue un rôle crucial dans la réhabilitation et la protection de ces espèces essentielles à la pollinisation et à la dispersion des graines.
Dans le nord-est de l’Australie, loin des images d’araignées venimeuses et de serpents mortels qui attirent souvent l’attention, se trouve un sanctuaire inattendu : l’hôpital Tolga Bat. Cet établissement unique, l’un des rares au monde dédié aux soins des chauves-souris, accueille et soigne des centaines de renards volants chaque année. Ces créatures, souvent perçues à tort, jouent un rôle vital dans l’écosystème australien.
L’hôpital Tolga Bat s’occupe principalement des renards volants à lunettes (Pteropus conspicillatus), une espèce classée comme vulnérable. Ces animaux, reconnaissables à la fourrure plus claire autour de leurs yeux qui leur donne l’apparence de porter des lunettes, sont confrontés à de multiples dangers. Les tiques paralysantes australiennes, qui libèrent une neurotoxine puissante, sont une menace majeure, provoquant une paralysie qui peut être fatale. Les jeunes renards volants sont particulièrement vulnérables, perdant souvent leur mère à cause de cette affection.
Jenny Mclean, fondatrice et directrice de l’hôpital, consacre sa vie à ces animaux. Elle explique :
« Vous rencontrez une chauve-souris et cela vaut la peine de s’en soucier. Ils sont confrontés à de sérieuses menaces, toutes provoquées par l’homme. »
Jenny Mclean, fondatrice et directrice de l’hôpital Tolga Bat
L’hôpital, qui ne compte qu’un seul employé à temps plein, s’appuie sur un dévouement corps de bénévoles. Les installations comprennent des salles de soins, une chambre froide pour conserver les fruits qui constituent l’alimentation des renards volants, une pépinière pour les orphelins et des enclos extérieurs grillagés. Certains enclos servent de refuges permanents pour les chauves-souris qui ont subi des blessures les empêchant de voler.
Les renards volants sont essentiels à la santé des forêts australiennes. Ils sont des pollinisateurs efficaces et contribuent à la dispersion des graines, assurant ainsi la régénération des arbres. Des études ont démontré leur rôle crucial dans le maintien de la biodiversité.
Outre les tiques paralysantes, les renards volants sont également menacés par la perte d’habitat due à la déforestation et à l’urbanisation. Les barbelés, souvent utilisés dans les zones agricoles, peuvent provoquer des déchirures douloureuses et invalidantes à leurs ailes. De plus, les vagues de chaleur de plus en plus intenses, exacerbées par le changement climatique, ont causé la mort de milliers de renards volants ces dernières années. En 2018, une seule vague de chaleur a décimé environ 23 000 renards volants à lunettes dans l’extrême nord du Queensland, soit près d’un tiers de la population totale. Source : ABC News
Mclean souligne que les renards volants sont souvent mal compris et manquent de soutien du public.
« Il n’y a pas beaucoup de gens qui les défendront. »
Jenny Mclean, fondatrice et directrice de l’hôpital Tolga Bat
Elle insiste sur le fait que la survie de ces animaux est inextricablement liée à la santé de la planète : « Si vous n’êtes pas prêt à partager la planète, vous allez la détruire. »
L’hôpital Tolga Bat continue de se battre pour assurer un avenir à ces créatures fascinantes et vitales, rappelant l’importance de la coexistence et de la protection de la biodiversité.