Publié le 2024-09-24 10:00:00. Une nouvelle étude, présentée à Amsterdam, éclaire les mécanismes neurologiques à l’œuvre chez les femmes survivant à des agressions sexuelles et souffrant de stress post-traumatique (SSPT). Ces recherches mettent en évidence des altérations dans la communication entre certaines zones cérébrales clés, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre et traiter ce traumatisme complexe.
- Des différences significatives dans la connectivité cérébrale ont été observées chez les femmes victimes d’agression sexuelle développant un SSPT.
- Ces altérations concernent particulièrement les régions du cerveau impliquées dans la régulation des émotions et de la peur.
- L’étude souligne le manque de recherche sur le SSPT lié aux agressions sexuelles, malgré sa prévalence.
Présentée lors du 38e congrès de l’ECNP (Collège européen de neuropsychopharmacologie) à Amsterdam, cette recherche menée par des scientifiques de l’Hôpital Clinique de Barcelone (Espagne) met en lumière des dysfonctionnements neurologiques chez les femmes ayant vécu une agression sexuelle et développé un syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ce trouble, caractérisé par des souvenirs intrusifs, une anxiété persistante, un engourdissement émotionnel et une instabilité de l’humeur, est souvent associé à des traumatismes comme les guerres, les catastrophes naturelles ou les accidents. Cependant, ses manifestations neurologiques spécifiques suite à une agression sexuelle restaient peu étudiées.
Les chercheurs rappellent que les agressions sexuelles sont une cause majeure de traumatisme chez les femmes, avec environ 70 % des victimes développant un SSPT. « Bien que la violence sexuelle soit l’une des formes de traumatisme les plus répandues chez les femmes, la plupart des recherches sur le SSPT se sont concentrées sur d’autres types de traumatismes », explique Lydia Fortea, chercheuse principale à l’Hôpital Clinique de Barcelone. Elle ajoute : « Il s’agit de l’une des premières études de connectivité, et certainement de la plus grande, à examiner le SSPT dans les agressions sexuelles ».
L’étude a analysé l’activité cérébrale de 40 femmes ayant subi un SSPT consécutif à une agression sexuelle au cours de l’année écoulée. Ces participantes ont passé une IRM cérébrale pour évaluer la connectivité nerveuse et sa corrélation avec leurs symptômes dépressifs et de SSPT. Les scientifiques se sont concentrés sur la synchronisation des régions cérébrales essentielles à la régulation de la peur et des émotions.
Les résultats indiquent une communication significativement réduite, voire quasi inexistante dans certains cas, entre l’amygdale (traitement de la peur) et le cortex préfrontal (contrôle des émotions) chez les femmes survivantes d’agressions sexuelles souffrant de SSPT. « Le SSPT consécutif à une agression sexuelle a tendance à être particulièrement grave et s’accompagne souvent de taux plus élevés de dépression, d’anxiété et de pensées suicidaires », précise le Dr Fortea.