Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés pourrait augmenter significativement le risque de maladies cardiovasculaires, révèle une étude américaine récente. Ces produits, omniprésents dans l’alimentation moderne, sont de plus en plus pointés du doigt pour leurs effets néfastes sur la santé.
L’étude, menée par des chercheurs de la Florida Atlantic University et publiée dans The American Journal of Medicine, a analysé les données de près de 4 800 adultes américains. Les résultats indiquent que les personnes qui consomment le plus d’aliments ultra-transformés présentent un risque 47 % plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire, telle qu’une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC).
Les aliments ultra-transformés (AUP), souvent riches en graisses, sucres, amidons, sels et additifs chimiques, subissent des modifications industrielles importantes. Sodas, snacks emballés et viandes transformées en sont des exemples courants. Ces produits sont souvent dépourvus des nutriments essentiels présents dans les aliments bruts et contiennent des ingrédients inconnus de l’organisme humain.
Selon les données de l’enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition (NHANES), les AUP représentent près de 60 % de l’alimentation des adultes aux États-Unis et 70 % de celle des enfants. Les chercheurs ont divisé les participants en quatre groupes en fonction de leur consommation d’AUP, en tenant compte de facteurs tels que l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le statut tabagique et le revenu.
« Les résultats de notre étude, basés sur un large échantillon représentatif à l’échelle nationale, montrent que ceux qui consomment le plus d’AUP souffrent d’un risque statistiquement significatif et cliniquement important de 47 % plus élevé de maladie cardiovasculaire », a déclaré le Dr Charles H. Hennekens, auteur principal de l’étude. « Ces résultats ont des implications majeures pour les recherches futures ainsi que pour les soins cliniques et les politiques publiques. »
Cette étude intervient alors que la consommation d’AUP ne cesse d’augmenter, et que les maladies cardiovasculaires demeurent une cause majeure de décès dans le monde. Comprendre le lien entre ces deux phénomènes est donc crucial pour orienter les conseils médicaux et les politiques de santé publique.
Les chercheurs soulignent que la prise de conscience des risques liés aux AUP pourrait suivre un chemin similaire à celui du tabac, où il a fallu des décennies pour que les dangers soient largement reconnus. Ils insistent sur la nécessité de créer un environnement où les options alimentaires saines sont plus accessibles et abordables pour tous.
Par ailleurs, l’équipe de recherche relève une augmentation des cas de cancer colorectal, en particulier chez les jeunes adultes, et suggère que la consommation d’AUP pourrait être un facteur contributif, aux côtés d’autres habitudes alimentaires et de style de vie.
« La sensibilisation est le premier pas vers la prévention », a déclaré le Dr Allison H. Ferris, co-auteur de l’étude. Les chercheurs recommandent aux professionnels de santé de conseiller à leurs patients de réduire leur consommation d’AUP, en complément d’autres changements de mode de vie et de traitements médicaux appropriés.