Publié le 2025-11-08 06:02:00. Des centaines de vols sont annulés aux États-Unis ce week-end, un coup dur pour le secteur aérien déjà fragilisé par la fermeture prolongée du gouvernement fédéral. Les compagnies aériennes réduisent leurs opérations face à l’incertitude grandissante.
- Plus de 1 000 vols ont été supprimés dès le premier jour des restrictions imposées par l’Administration fédérale de l’aviation (FAA).
- Les contrôleurs aériens, non payés depuis près d’un mois, sont de plus en plus nombreux à se déclarer malades, aggravant une pénurie de personnel déjà critique.
- Les impacts économiques pourraient s’étendre au-delà du transport aérien, touchant le tourisme, le commerce et les chaînes d’approvisionnement.
Ce week-end s’annonce compliqué pour les voyageurs aux États-Unis, alors que la fermeture partielle du gouvernement américain frappe de plein fouet le secteur aérien. Des centaines de vols sont d’ores et déjà annulés dans les aéroports les plus fréquentés du pays. Si les perturbations sont restées, jusqu’à présent, relativement limitées, les analystes craignent une aggravation de la situation dans les jours à venir, à l’approche des fêtes de fin d’année.
Les contrôleurs aériens, essentiels au bon fonctionnement du trafic, sont sans salaire depuis près d’un mois. Cette situation précaire les pousse à se déclarer malades en plus grand nombre, venant s’ajouter à une pénurie de personnel déjà existante. L’Association nationale des contrôleurs du trafic aérien indique que beaucoup d’entre eux effectuent des heures supplémentaires obligatoires, six jours par semaine, sans rémunération, et certains sont contraints de chercher un second emploi pour joindre les deux bouts.
La FAA a annoncé que cette réduction de service affecterait initialement 4 % des vols sur 40 aéroports ciblés, une proportion qui pourrait grimper jusqu’à 10 % dans les prochains jours si la crise perdure. Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, n’a pas exclu de nouvelles baisses de vols si la fermeture du gouvernement se prolongeait et que davantage de contrôleurs aériens se retrouvaient en congé forcé.
Pour les passagers, le week-end a été marqué par un soulagement relatif, la majorité des vols ayant été maintenus le premier jour. Les voyageurs dont les vols ont été annulés ont, dans l’ensemble, pu être redirigés sans trop de difficultés. Cependant, l’incertitude demeure quant aux prochaines annulations. « Je ne veux surtout pas me retrouver bloqué à l’aéroport, à dormir sur un banc », confie Michele Cuthbert, résidant à Columbus, Ohio, à propos d’un vol prévu vers Dallas.
Face à cette situation, les entreprises de location de voitures ont constaté une forte augmentation des réservations de trajets sans retour. Certains voyageurs décident même d’annuler purement et simplement leurs billets d’avion. L’impact de ces perturbations pourrait s’étendre bien au-delà du secteur aérien. Près de la moitié du fret aérien américain transite dans les soutes des avions de ligne. Des perturbations majeures pourraient donc entraîner une hausse des coûts de transport, qui serait répercutée sur les consommateurs, selon Patrick Penfield, professeur de chaîne d’approvisionnement à l’Université de Syracuse.
Greg Raiff, PDG d’Elevate Aviation Group, met en garde contre un effet domino qui toucherait l’économie dans son ensemble, du tourisme à l’industrie manufacturière. « Cette fermeture aura des répercussions sur tout, des avions-cargos aux personnes se rendant à des réunions d’affaires, en passant par les touristes. Cela affectera les taxes hôtelières et touristiques. Il y a un effet en cascade », explique-t-il.