Publié le 2025-10-22 16:38:00. Une nouvelle étude suggère qu’une prescription accrue d’antihistaminiques de première génération par les médecins hospitaliers pourrait être liée à une augmentation du risque de délire chez les patients âgés hospitalisés.
Une analyse approfondie des données hospitalières, publiée dans le Journal de la Société américaine de gériatrie, met en lumière un lien préoccupant entre la prescription de certains médicaments antihistaminiques et l’apparition de délires chez les seniors durant leur séjour à l’hôpital.
Les antihistaminiques de première génération, tels que la diphenhydramine (connue sous le nom de Benadryl), sont régulièrement cités parmi les causes majeures d’effets indésirables médicamenteux chez les personnes âgées. Bien qu’utiles pour traiter des affections liées à l’histamine comme l’urticaire ou les réactions anaphylactiques, ces médicaments peuvent parfois être prescrits sans indication claire ou avec une posologie inappropriée.
L’étude a examiné les dossiers de 328 140 patients âgés de 65 ans et plus, admis entre 2015 et 2022 dans 17 hôpitaux de l’Ontario, au Canada. Ces patients ont été pris en charge par 755 médecins différents. Les chercheurs ont constaté que le délire touchait environ 34,8 % de l’ensemble des patients âgés hospitalisés. Plus spécifiquement, il est apparu que les patients dont les médecins avaient tendance à prescrire plus fréquemment des antihistaminiques de première génération présentaient un risque de développer un délire supérieur de 41 % par rapport à ceux dont les médecins utilisaient rarement ce type de médicament.
« Nous espérons que notre étude sensibilisera les hospitalistes au fait que les antihistaminiques sédatifs peuvent être nocifs et doivent être prescrits avec prudence. »
Aaron M. Drucker, MD, auteur correspondant, Université de Toronto et Women’s College Hospital
Source :
Référence du journal :
Bridgman, AC et coll. (2025) Association entre la prescription d’antihistaminiques de première génération en milieu hospitalier et le délire chez les personnes âgées. Journal de la Société américaine de gériatrie. doi.org/10.1111/jgs.70121