Publié le 2025-10-03 20:16:00. La Direction provinciale de la santé de Matanzas a démenti les allégations de rupture de services de laboratoire à l’hôpital de Cárdenas, malgré des témoignages contradictoires diffusés sur les réseaux sociaux. Ces accusations font suite à des plaintes portant sur des carences dans les soins médicaux, notamment pour les patients atteints de dengue.
- La Direction de la santé de Matanzas affirme que l’hôpital universitaire général «Julio M. Aristegui villamil» à Cárdenas maintient un approvisionnement stable en réactifs et que les tests essentiels ne sont pas suspendus.
- Des témoignages de citoyens sur les réseaux sociaux contredisent cette version officielle, faisant état de la nécessité d’acheter des réactifs et du manque de matériel de base.
- Ces allégations surviennent alors que Cuba connaît une recrudescence de maladies transmises par les moustiques comme la dengue et le chikungunya.
Une note officielle publiée sur la page Facebook de la Direction provinciale de la santé de Matanzas a fermement nié que l’hôpital universitaire général «Julio M. Aristegui villamil» à Cárdenas ait interrompu ses services de laboratoire par manque de réactifs. Les autorités sanitaires assurent que l’établissement dispose « d’un approvisionnement stable et suffisant en réactifs et en fournitures », et que les analyses de laboratoire cruciales ne sont pas affectées. Bien qu’elles admettent des « situations ponctuelles de remplacement d’inventaire », elles insistent sur le fait que cela n’a eu « aucune incidence sur la prise en charge des patients ».
La Direction a par ailleurs invité la population à se fier aux « canaux officiels » et à ne plus diffuser de « rumeurs susceptibles de créer confusion ou méfiance ». Cependant, cette communication officielle contraste vivement avec de nombreux témoignages de citoyens relayés sur la même page Facebook. Des parents affirment avoir dû acheter eux-mêmes les réactifs nécessaires pour faire analyser leurs enfants, un coût qui se chiffrerait à 10 dollars. D’autres utilisateurs ont dénoncé le manque de matériel aussi basique que des thermomètres, de la dipyrone, du diazépam, des trocarts, voire d’eau, tout en reconnaissant la qualité du personnel médical.
Certains commentaires font état de l’impossibilité de réaliser des tests cruciaux, comme les transaminases en cas d’hépatite ou un hémogramme en présence de fièvre, soulignant que « les médecins font des miracles avec ce qu’ils ont ». Le coût du sérum, fixé à 2000 pesos (20 CUC selon les taux informels), et la nécessité de recourir au marché parallèle pour obtenir une analyse ont également été mentionnés. Ces critiques ont même visé le démenti officiel lui-même, un internaute écrivant : « Chaque fois qu’ils vont le nier, c’est qu’ils sont démasqués. C’est la santé des êtres humains, laissez le cirque pour d’autres choses ».
Cette réaction des autorités intervient après que le médecin cubain Miguel Alejandro Guerra Domínguez a rendu public sur les réseaux sociaux de graves lacunes dans la prise en charge des patients atteints de dengue à l’hôpital de Cárdenas. Il a notamment signalé que des examens fondamentaux tels que l’hémogramme, l’hématocrite et la numération plaquettaire, essentiels au diagnostic et au suivi de la maladie, n’étaient pas réalisés. « La dengue n’est-elle pas une urgence ? » s’est-il interrogé sur sa page Facebook.
La dengue, transmise par le moustique Aedes aegypti, connaît une résurgence dans plusieurs provinces cubaines. La situation épidémiologique à Cuba est complexe depuis plusieurs mois, avec la circulation simultanée de diverses maladies telles que l’hépatite A et le chikungunya, dans un contexte de crise sanitaire et de détérioration des services hospitaliers. À Matanzas, une Cubaine a témoigné sur les réseaux sociaux avoir contracté un virus provoquant une forte fièvre, des douleurs articulaires intenses et une inflammation des membres, symptômes compatibles avec le chikungunya. Dans la province de Ciego de Ávila, les autorités ont décrété la transmission de maladies arbovirales dans au moins deux centres de santé, face à une augmentation significative des cas fébriles et à la prolifération du moustique vecteur.