Publié le 22 février 2026 08:01:00. Les bénéfices des entreprises espagnoles ont atteint des sommets historiques en 2025, tandis que la progression des salaires reste à la traîne, creusant un fossé grandissant entre les profits du capital et le pouvoir d’achat des travailleurs, selon une analyse du syndicat CCOO.
Les marges bénéficiaires des entreprises espagnoles ont franchi un nouveau palier en 2025, atteignant 24,4% du chiffre d’affaires, selon les données recueillies par le Cabinet économique de CCOO et relayées par Forbes. Cette rentabilité record s’explique par une consolidation de la marge brute sur les ventes, qui s’établit désormais à 13%, soit une augmentation de 30% par rapport aux niveaux d’avant la crise sanitaire de 2020, où elle se situait autour de 10%.
L’étude révèle également que la productivité par travailleur a augmenté à un rythme deux fois supérieur à celui des salaires, soulignant un déséquilibre significatif dans la répartition des richesses. Malgré une baisse des coûts des matières premières et de l’énergie, les entreprises ont maintenu des prix de vente élevés. CCOO qualifie ce phénomène d’« extraordinaire découplage », permettant aux bénéfices de se répandre dans l’ensemble du tissu productif, au-delà des secteurs traditionnellement les plus profitables comme l’énergie ou la banque.
Les entreprises ont privilégié l’élargissement de leurs marges plutôt que de répercuter la baisse des coûts sur les prix finaux ou sur les salaires de leurs employés. Le syndicat souligne que, même si des augmentations salariales nominales ont été observées, elles n’ont pas compensé l’inflation, et que les marges des entreprises continuent d’accaparer une part « disproportionnée » de la richesse générée.
« La productivité augmente à un rythme que les salaires ne peuvent pas suivre, consolidant une tendance selon laquelle le capital conserve l’essentiel des bénéfices tirés de la croissance économique, tandis que les travailleurs voient leur pouvoir d’achat stagner. »
CCOO
Le Cabinet économique de CCOO estime que les données de 2025 « éliminent toute excuse » pour ne pas progresser vers une « justice salariale ». La productivité record, selon le syndicat, permettrait d’augmenter les salaires et de réduire le temps de travail sans compromettre la rentabilité des entreprises. CCOO exige que la modération des coûts de production soit enfin répercutée sur les prix à la consommation et sur la masse salariale, afin d’éviter que l’excédent des entreprises ne contribue à des inégalités structurelles.
La négociation collective de 2026 sera déterminante pour lutter contre cette dynamique, selon CCOO. Il reste à voir les positions que le syndicat adoptera dans chaque conflit du travail, compte tenu des données et des déclarations actuelles.