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Les cellules immunitaires développées pendant l’allaitement pourraient protéger les femmes contre le cancer du sein, suggère une nouvelle étude

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Publié le 22 octobre 2025 16:16:00. Une nouvelle étude australienne révèle que la grossesse et l’allaitement maternel induisent le développement de cellules immunitaires spécifiques capables d’offrir une protection durable contre le cancer du sein, expliquant ainsi des observations ancestrales.

  • La recherche met en lumière un rôle protecteur des lymphocytes T CD8⁺ dans le tissu mammaire sain.
  • Ces cellules immunitaires, une fois activées par la grossesse, persistent pendant des décennies et peuvent réduire le risque et améliorer le pronostic du cancer du sein, notamment les formes agressives.
  • Les découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de prévention et de traitement basées sur ces mécanismes naturels.

Confirmant des observations datant de plusieurs siècles, une équipe du Peter MacCallum Oncology Center de Melbourne, en Australie, a identifié le mécanisme biologique derrière la protection accrue contre le cancer du sein chez les femmes ayant accouché et allaité. Publiée dans la revue Nature, cette recherche révèle que les femmes multipares développent une concentration plus élevée de lymphocytes T cytotoxiques (connus sous le nom de cellules CD8⁺). Ces cellules, piliers du système immunitaire adaptatif, sont capables de reconnaître et d’éliminer les cellules cancéreuses. Leur présence accrue dans le tissu mammaire s’est avérée associée à une meilleure évolution de la maladie, en particulier face à des cancers agressifs comme le triple négatif.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé des échantillons de tissu mammaire sain prélevés sur plus de 260 femmes ayant subi une chirurgie mammaire. Ils ont constaté une augmentation significative des lymphocytes T CD8⁺ chez les femmes enceintes, et surtout, que cette présence persistait dans le sein plus de 30 ans après l’accouchement. Des expérimentations menées sur des souris ont corroboré ces résultats : les rongeuses en période de lactation se sont montrées plus résistantes au développement de tumeurs mammaires que leurs congénères vierges. Lorsque les chercheurs ont retiré les lymphocytes T des souris ayant mis bas, cet effet protecteur a disparu, démontrant ainsi leur rôle préventif direct contre le cancer.

L’analyse des données cliniques a également révélé que les femmes ayant allaité et ayant ultérieurement développé un cancer du sein triple négatif présentaient une meilleure survie par rapport à celles qui n’avaient pas allaité. Leurs tumeurs étaient caractérisées par une plus grande quantité de cellules immunitaires, signe d’une réponse immunitaire soutenue contre le cancer.

La professeure Sherene Loi, coordinatrice de l’étude, a souligné que ces découvertes offrent une explication biologique concrète à l’effet protecteur de l’allaitement. « La grossesse et l’allaitement laissent derrière eux des cellules immunitaires protectrices durables, qui réduisent le risque et améliorent la défense contre le cancer du sein, en particulier contre les formes agressives », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois précisé que cette protection, bien que significative au niveau de la population, reste modeste pour chaque femme individuelle, n’éliminant pas totalement le risque.

Selon des spécialistes de la Faculté de médecine de l’Université d’Adélaïde, la durée de l’allaitement est directement corrélée au bénéfice obtenu, avec une diminution estimée d’environ 4 % du risque de cancer du sein par année d’allaitement. L’étude offre ainsi une base solide pour le développement de vaccins ou de thérapies capables de reproduire cet effet protecteur chez les femmes qui ne peuvent pas allaiter. Ces travaux ouvrent une nouvelle perspective sur la manière dont la maternité peut remodeler le système immunitaire, suggérant que les mécanismes de défense naturels pourraient être exploités pour réduire l’incidence du cancer du sein.

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