Publié le 10 février 2026 à 12h45. Des chercheurs allemands ont identifié des marqueurs biologiques permettant de prédire la réponse des patients atteints de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) à l’immunothérapie, ouvrant la voie à un traitement plus personnalisé et efficace contre cette infection cérébrale rare et souvent mortelle.
- La présence de lymphocytes T spécifiques au virus JC avant le début du traitement par inhibiteurs de points de contrôle (ICI) est associée à une meilleure réponse thérapeutique, une survie prolongée et moins d’effets secondaires.
- L’équipe du professeur Thomas Skripuletz au Centre hospitalier universitaire de Hanovre (MHH) a analysé les données de 111 patients atteints de LEMP provenant de 39 centres médicaux à travers le monde.
- Le MHH dispose d’un registre unique de donneurs de lymphocytes T, alloCELL, permettant de proposer des cellules immunitaires sur mesure aux patients qui ne présentent pas de lymphocytes T spécifiques au virus.
La leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une infection cérébrale grave causée par le polyomavirus humain 2, également connu sous le nom de virus John Cunningham (JC). Elle affecte principalement les personnes dont le système immunitaire est affaibli et se caractérise par une destruction progressive des tissus cérébraux. Bien que rare, le taux de mortalité de la LEMP est élevé, avec un pronostic souvent défavorable en quelques semaines. L’immunothérapie, utilisant des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), représente une option thérapeutique prometteuse, mais son efficacité varie considérablement d’un patient à l’autre.
Une étude récente menée par une équipe interdisciplinaire du Centre hospitalier universitaire de Hanovre (MHH), dirigée par le professeur Thomas Skripuletz, médecin-chef du service de neurologie avec neurophysiologie clinique, a permis d’identifier des biomarqueurs prédictifs de la réponse à l’immunothérapie. Les résultats, publiés dans la revue JAMA Neurology, pourraient révolutionner la prise en charge de cette maladie.
L’étude a porté sur 111 patients atteints de LEMP, traités par ICI entre 2021 et 2024 dans 39 cliniques à travers le monde. Avant le début du traitement, les chercheurs ont analysé des échantillons sanguins pour détecter la présence de lymphocytes T fonctionnels spécifiques au virus JC. Les résultats ont révélé que les patients présentant ces lymphocytes T avant le traitement affichaient des taux de réponse significativement plus élevés, une meilleure progression fonctionnelle, une charge virale plus faible dans le liquide cérébro-spinal et une probabilité de survie plus longue.
« Nous avons pu observer que les patients atteints de LEMP avec des lymphocytes T spécifiques du virus détectables avant le début du traitement présentaient des taux de réponse significativement plus élevés, une meilleure progression fonctionnelle, des charges virales plus faibles au cours du traitement et une meilleure probabilité de survie pendant et après le traitement ICI »,
Professeur Thomas Skripuletz, médecin-chef du service de neurologie avec neurophysiologie clinique au MHH.
De plus, ces patients ont présenté moins d’effets secondaires liés au système immunitaire. Ces découvertes soulignent l’importance cruciale de l’immunité antivirale préexistante dans la réponse à l’immunothérapie.
Le MHH propose également une approche thérapeutique alternative basée sur l’utilisation de cellules T DIAVIS allogéniques, obtenues à partir de donneurs sains ayant été infectés par le virus JC sans développer de symptômes. Ces cellules T, capables de reconnaître et d’éliminer les cellules infectées, sont administrées par perfusion. Avant d’administrer ces cellules, l’équipe du professeur Skripuletz vérifie la présence de lymphocytes T spécifiques au virus chez le patient. Si ces cellules sont absentes, le traitement par cellules T de donneur est privilégié.
L’analyse de la présence de cellules T spécifiques au virus est réalisée dans le laboratoire alloCELL du MHH, qui dispose d’un registre unique de donneurs de lymphocytes T.
« Grâce à notre registre unique de donneurs de lymphocytes T alloCELL au MHH, nous pouvons toujours trouver un don de lymphocytes T précisément adapté si nos propres cellules immunitaires ne peuvent pas être détectées »,
Professeur Dr. Britta Eiz-Vesper, immunologiste à l’Institut MHH de médecine transfusionnelle et d’ingénierie des transplantations et co-auteur de l’étude.
Ce registre collecte non seulement les caractéristiques tissulaires des cellules sanguines, mais également le nombre de lymphocytes T spécifiques contre différents virus, permettant une identification rapide de donneurs compatibles. L’institut est également un important producteur allemand de cellules T spécifiques du virus, assurant une disponibilité rapide des produits thérapeutiques.
Les chercheurs recommandent désormais de réaliser un test sanguin pour détecter les cellules T spécifiques au virus avant de commencer un traitement par ICI, afin d’identifier les patients susceptibles de bénéficier le plus de cette thérapie et de minimiser les risques d’effets secondaires.
Pour plus d’informations, veuillez contacter le Professeur Dr. Thomas Skripuletz à l’adresse skripuletz.thomas@mh-hannover.de.
Caractéristiques de ce communiqué de presse :
Journalistes, médecine, à l’échelle nationale, résultats de recherche, publications scientifiques, allemand.