Publié le 7 février 2026. Les statines, médicaments largement prescrits pour réduire le cholestérol et prévenir les maladies cardiovasculaires, sont souvent entourées de craintes concernant leurs effets secondaires. Une vaste étude internationale vient nuancer ces inquiétudes, en identifiant un nombre limité d’effets secondaires clairement liés à ces traitements.
- Une analyse de 19 études impliquant près de 124 000 participants a permis d’évaluer la probabilité réelle des effets secondaires associés aux statines.
- Seulement quatre effets secondaires, parmi 66 potentiels, ont été clairement attribués aux statines, en plus des effets connus sur les muscles et la glycémie.
- Les risques supplémentaires restent faibles, touchant moins de 1 % des patients traités par an, à l’exception des œdèmes (légèrement plus de 1 %).
Les statines figurent parmi les piliers du traitement des maladies cardiovasculaires. Prescrites des millions de fois, elles visent à diminuer le taux de cholestérol chez les patients présentant un risque élevé de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC). Pourtant, de nombreux patients hésitent à débuter ou à poursuivre un traitement, redoutant les effets indésirables souvent mentionnés dans les notices.
Une équipe de chercheurs internationaux a cherché à évaluer objectivement ces préoccupations. Leur revue, récemment publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet, s’appuie sur une analyse rigoureuse de données issues de multiples études cliniques.
La collaboration CTT (Cholesterol Treatment Trialists), un groupe de recherche reconnu, a examiné les résultats de 19 études en double aveugle, impliquant un total d’environ 124 000 participants. Dans ce type d’étude, ni les patients, ni les médecins ne savent qui reçoit une statine et qui reçoit un placebo, ce qui permet de limiter les biais.
L’objectif était de déterminer si les effets secondaires répertoriés sur les notices des statines étaient réellement causés par le médicament, ou s’ils étaient dus à d’autres facteurs.
Les résultats sont rassurants : au-delà des effets déjà connus sur les muscles et sur la glycémie, seuls quatre effets secondaires supplémentaires ont pu être clairement associés à la prise de statines. Il s’agit de troubles rénaux, d’une augmentation du taux de créatine kinase (un indicateur de problèmes musculaires), de troubles cognitifs et d’œdèmes (gonflements).
Il est important de souligner que ces risques restent faibles. Chaque année, ils touchent moins de 1 % des personnes traitées, à l’exception des œdèmes, qui concernent un peu plus de 1 % des patients. De plus, les chercheurs ont observé une relation dose-dépendante pour les anomalies hépatiques : plus la dose de statine est élevée, plus le risque d’anomalies est important.
« Les effets secondaires supplémentaires se produisent très rarement par rapport au placebo. Les résultats de ce travail représentent une contribution très importante à la sécurité des statines. »
José Luis López Sendón, cardiologue et chercheur espagnol
Ces conclusions confirment que les bénéfices des statines, en termes de prévention des maladies cardiovasculaires, dépassent largement les risques potentiels. Elles devraient permettre de rassurer les patients et de favoriser une meilleure observance du traitement.