Publié le 2025-10-16 17:54:00. Les maladies cardiovasculaires représentent une cause majeure de mortalité maternelle aux États-Unis, un constat préoccupant qui s’est accentué au fil des années. Une étude récente met en lumière une hausse significative de ces affections et de leurs complications chez les femmes enceintes, soulignant des disparités importantes selon l’âge et l’origine ethnique.
- Près d’un tiers des décès maternels aux États-Unis entre 2011 et 2015 étaient attribuables à des causes cardiovasculaires.
- La prévalence des maladies cardiovasculaires maternelles et l’incidence des complications cardiaques liées à la grossesse ont augmenté entre 2001 et 2019.
- Les femmes les plus âgées et les femmes noires sont particulièrement touchées par ces risques accrus.
Une analyse approfondie des dossiers médicaux électroniques, portant sur près de 57 000 grossesses entre 2001 et 2019, révèle une tendance inquiétante. Les chercheurs du Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School ont observé une augmentation substantielle des maladies cardiovasculaires préexistantes chez les femmes enceintes, passant de 2,31 % en 2001 à 5,83 % en 2019. Cette prévalence était systématiquement plus élevée chez les femmes plus âgées et chez les femmes noires, qui présentaient un fardeau de maladies cardiovasculaires de 7,05 %, contre 6,22 % pour les femmes blanches et 4,42 % pour les autres groupes ethniques.
Cette augmentation concerne également les complications cardiovasculaires survenant durant la grossesse. Leur incidence globale a grimpé de 13,37 % en 2001 à 17,80 % en 2019. Là encore, les femmes les plus avancées en âge présentaient un risque plus élevé (24,8 %) par rapport aux plus jeunes (9,50 %), et les femmes noires affichaient le taux le plus alarmant de complications (24,93 %) comparativement aux femmes blanches (17,9 %) et aux autres origines raciales (14,7 %).
L’étude souligne que la présence de maladies cardiovasculaires préexistantes multiplie le risque de complications. De même, diverses comorbidités viennent aggraver le tableau : l’obésité (risque de complications de 20 % contre 11 % sans cette condition), le diabète (6 % contre 3 %), l’hypertension artérielle (23 % contre 5 %) et l’hyperlipidémie (13 % contre 10 %). Les femmes noires se sont distinguées par une prévalence plus élevée d’obésité, d’hypertension et de diabète par rapport aux autres groupes démographiques.
Ces constats s’inscrivent dans une tendance épidémiologique plus large aux États-Unis, où les comorbidités cardiovasculaires affectent une proportion croissante de la population féminine, indépendamment de la grossesse. Les projections pour 2025 indiquent des taux significatifs d’obésité et de diabète chez les femmes de différentes tranches d’âge, avec une prévalence accrue chez les femmes plus âgées.
Face à ce double risque – maladies cardiovasculaires préexistantes et comorbidités – exacerbé par l’âge et l’origine ethnique, les experts appellent à renforcer les mesures de prévention. Une attention particulière doit être portée aux populations les plus vulnérables, notamment les femmes d’âge mûr et les minorités raciales, en particulier les femmes noires, afin de réduire la charge des maladies cardiovasculaires maternelles.