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Les décès cardiaques évitables pendant les marathons sont en baisse

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Course à pied : le risque de crise cardiaque en nette diminution, grâce à une meilleure prise en charge

Malgré un nombre record de participants aux marathons aux États-Unis, le risque de décéder d’une crise cardiaque lors d’une course a été divisé par deux ces dernières années. Une étude d’Emory School of Medicine met en lumière une amélioration spectaculaire de la survie grâce à une meilleure réactivité des secours.

Entre 2010 et 2023, plus de 29 millions d’Américains ont franchi la ligne d’arrivée d’un marathon, un chiffre triplé par rapport à la décennie précédente. Si le nombre d’arrêts cardiaques survenus pendant ces épreuves reste stable, les chances de survie des coureurs ont doublé. Autrement dit, beaucoup moins de marathoniens succombent désormais à une crise cardiaque en pleine course.

« Nous continuons de voir les médias relater des cas malheureux d’arrêt cardiaque lors d’événements de course de fond », explique Jonathan Kim, professeur agrégé à l’Emory School of Medicine et auteur principal de l’étude. « Mais l’incidence de ces événements a-t-elle changé ? Y a-t-il eu des changements dans les causes les plus courantes d’arrêt cardiaque ? Quels sont les facteurs associés au décès et à la survie ? C’était une nouvelle question à poser, 13 ans après notre première analyse, et une question importante car la course à pied récréative continue de gagner en popularité. »

Un défi méthodologique relevé

Pour mener ses recherches, l’équipe de Jonathan Kim a dû faire preuve de persévérance. Il n’existe pas de registre centralisé des événements cardiaques liés à la course. Ainsi, pour ses deux études, les chercheurs ont dû recouper des informations provenant de sources multiples. Ils ont contacté directement les organisateurs de courses, consulté des rapports médiatiques exhaustifs et exploité les coordonnées de centaines de directeurs de course, obtenant ainsi des données sur environ 70 % d’entre eux.

« Nous avions également les coordonnées de tous les directeurs de course et avons pu joindre environ 70 % d’entre eux qui nous ont aidé et nous ont indiqué le nombre d’événements au cours de cette période spécifique, y compris si l’individu est décédé et le sexe du participant », détaille le Dr Kim. De plus, des recherches approfondies sur Internet ont permis d’identifier et de contacter les coureurs ayant survécu à un arrêt cardiaque, ou leurs proches, afin d’établir des profils détaillés.

Des chiffres éloquents

L’analyse de cette volumineuse base de données révèle que le taux d’arrêts cardiaques est resté relativement constant, passant de 0,54 pour 100 000 participants dans la période 2000-2009 à 0,60 pour 100 000 participants dans la période 2010-2023. Cependant, le taux de décès liés à ces incidents a chuté de moitié, passant de 0,39 pour 100 000 à 0,19 pour 100 000. Il s’agit donc d’une diminution d’environ 50 % du taux de mortalité.

Comme dans l’étude précédente, les arrêts cardiaques sont restés plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, et plus courants lors des marathons que des semi-marathons.

L’apport crucial des premiers secours

Comment expliquer ce changement radical dans les taux de survie ? Jonathan Kim attribue cette amélioration à une sensibilisation accrue de l’ensemble du milieu de la course à pied aux risques cardiaques et à l’importance de disposer de services d’urgence rapides et efficaces. L’interrogatoire des survivants a révélé un facteur clé : « Ce que nous avons découvert, c’est que chacune de ces personnes bénéficiait d’une réanimation cardio-pulmonaire (RCP) pratique, mais que la grande majorité avait également un accès immédiat à un défibrillateur externe automatisé (DEA). C’est la différence », insiste le chercheur.

Ce taux de survie observé est comparable à celui constaté dans d’autres lieux publics où les défibrillateurs sont désormais couramment disponibles, tels que les aéroports et les casinos, qui ont également enregistré une baisse significative des décès. Le Dr Kim souligne l’importance de rendre la formation à la RCP accessible aux participants et de déployer stratégiquement des défibrillateurs le long des parcours de course.

Il met également l’accent sur la nécessité d’identifier mieux les personnes les plus vulnérables avant qu’elles ne participent à une course. « Il s’agit le plus souvent d’événements potentiellement évitables », affirme-t-il. « Être capable d’identifier des personnes, plus souvent des personnes âgées présentant des facteurs de risque cardiovasculaires non reconnus, ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas courir une course. Cela offre plutôt la possibilité d’améliorer les soins cardiovasculaires préventifs primaires et potentiellement de réduire davantage le risque d’arrêt cardiaque lors de ces événements. L’incidence des arrêts cardiaques soudains lors de courses de longue distance n’a pas changé depuis plus de 20 ans. Je pense qu’il s’agit d’un domaine important de recherche future. »

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