Publié le 26 février 2026 14:35:00. Des chercheurs américains ont mis en lumière les différences immunologiques entre le virus respiratoire syncytial (VRS) et le SARS-CoV-2 chez les nourrissons, ce qui pourrait expliquer pourquoi les stéroïdes sont efficaces contre l’un mais pas l’autre.
Une étude menée par des chercheurs du Jackson Laboratory for Genomic Medicine dans le Connecticut a révélé des signatures immunitaires distinctes pour le VRS et le SARS-CoV-2, deux virus respiratoires fréquents chez les bébés. Ces découvertes pourraient aider à affiner les stratégies de traitement pour ces infections.
L’équipe a analysé des échantillons de sang prélevés sur 19 nourrissons atteints du VRS, 30 atteints du SARS-CoV-2 et 17 bébés en bonne santé, tous d’un âge moyen de 2,3 mois. Les analyses, combinant profilage des cytokines, transcriptomique unicellulaire et épigénomique, ont montré que les deux virus activaient l’interféron, un élément clé de l’immunité antivirale. Cependant, les réponses inflammatoires différaient significativement.
Les infections au VRS étaient associées à un nombre accru de lymphocytes T mémoire et de lymphocytes T régulateurs de la mémoire. Les nourrissons gravement atteints du VRS présentaient également une diminution des cellules tueuses naturelles (NK) et une expression réduite du gène IFNG dans ces cellules. À l’inverse, le SARS-CoV-2 provoquait une forte réponse pro-inflammatoire, avec des niveaux élevés de facteur de nécrose tumorale et l’activation de voies inflammatoires spécifiques.
« Notre étude fournit des informations qui peuvent éclairer la prise de décision clinique concernant la gestion de ces infections virales au début de la vie »,
Asa Thibodeau, PhD, Jackson Laboratory for Genomic Medicine
Le VRS est une cause majeure d’hospitalisation et de mortalité chez les nourrissons, tandis que le SARS-CoV-2 tend à être plus bénin dans cette tranche d’âge. Les différences observées dans les réponses immunitaires pourraient expliquer ces disparités cliniques et justifier des approches thérapeutiques différenciées. Les chercheurs soulignent la nécessité de thérapies adaptées à chaque virus respiratoire.
Cette recherche, publiée dans Science Translational Medicine, ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes immunitaires impliqués dans les infections respiratoires infantiles et à l’élaboration de traitements plus efficaces.
Des études complémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats et déterminer comment les moduler pour améliorer les résultats cliniques chez les nourrissons infectés par le VRS ou le SARS-CoV-2.