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Les dirigeants européens appellent à l’autonomie stratégique dans un contexte de turbulences internationales et de tensions transatlantiques

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Publié le 15 février 2024 09:30:00. Face à un ordre mondial de plus en plus incertain et à des relations transatlantiques fragilisées, les dirigeants européens réunis à la Conférence de Munich sur la sécurité ont plaidé pour une autonomie stratégique accrue de l’Europe, notamment dans les domaines de la défense et de l’énergie.

  • Les principaux leaders européens appellent à une plus grande indépendance de l’Europe dans des secteurs clés comme la défense, l’énergie et la technologie.
  • Un constat partagé sur l’affaiblissement du partenariat transatlantique et la perte d’influence des États-Unis sur la scène internationale est exprimé.
  • La nécessité pour l’Europe de « voler de ses propres ailes » et de devenir une véritable « puissance géopolitique » est soulignée.

La 62e Conférence de Munich sur la sécurité a été le théâtre d’appels pressants à une refonte de la stratégie européenne, alors que les participants expriment une inquiétude croissante face à la fragmentation de l’ordre international. Plusieurs voix se sont élevées pour souligner la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie et de ne plus dépendre excessivement de ses alliés traditionnels.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a mis en garde contre les tentatives d’ingérence extérieure visant à déstabiliser l’Union européenne. Elle a déclaré que l’Europe n’a « pas d’autre choix » que de devenir plus indépendante dans tous les domaines cruciaux pour sa sécurité et sa prospérité, citant la défense, l’énergie, l’économie, le commerce, les matières premières et le numérique.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a insisté sur l’importance de la puissance militaire dans le contexte géopolitique actuel, qualifiant le « hard power » de « monnaie de notre époque ». Il a préconisé une « OTAN plus européenne », avec une intégration accrue des capacités, des dépenses et des achats afin de construire une industrie de défense européenne commune. Selon lui, l’Europe doit être capable de « voler de ses propres ailes » pour assurer la protection de ses citoyens et de son mode de vie.

L’ouverture de la conférence, vendredi, avait été marquée par un constat alarmant du chancelier allemand Friedrich Merz : l’ordre international fondé sur des règles et des droits « n’existe plus ». Il a estimé que le monde est désormais caractérisé par la puissance et la politique des grandes nations. Merz a également averti que le partenariat transatlantique avait perdu de son évidence et qu’un « clivage » s’était creusé entre l’Europe et les États-Unis. Il a même affirmé que la prétention de leadership des États-Unis était « pour le moins contestée, peut-être déjà perdue », exhortant l’Europe à s’appuyer sur ses propres forces.

Le président français Emmanuel Macron a fait écho à ces préoccupations, soulignant la nécessité pour l’Europe de devenir une « puissance géopolitique ». Il a plaidé pour une politique de « préférence européenne » afin de réduire les dépendances tout au long de la chaîne de valeur et de « réduire les risques » liés à son modèle économique.

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