Publié le 14 février 2026 20h00. Une étude internationale révèle que dormir moins de six heures par nuit augmente significativement le risque de démence à un âge avancé, soulignant l’importance cruciale du sommeil pour la santé cérébrale.
- Dormir seulement six heures par nuit est associé à une augmentation de 30 % du risque de démence.
- Le système glymphatique, responsable de l’élimination des déchets toxiques du cerveau, est particulièrement actif pendant le sommeil.
- Une étude de longue durée menée auprès de près de 8 000 adultes britanniques confirme un lien entre un sommeil chronique insuffisant et un risque accru de démence.
Le sommeil, souvent négligé, joue un rôle essentiel dans le maintien de la santé cognitive. Des recherches récentes mettent en évidence un lien direct entre la durée du sommeil et le risque de développer une démence, une maladie neurodégénérative qui affecte des millions de personnes dans le monde. Une étude menée par une équipe internationale, dirigée par Séverine Sabia de l’Université de Paris et de l’University College London, a révélé que les personnes dormant moins de six heures par nuit présentent un risque accru de démence.
Selon le Dr Nicolas Fabiano, résident en psychiatrie et chercheur à l’Université d’Ottawa, le sommeil active le système glymphatique, un réseau de nettoyage cérébral qui élimine les déchets nocifs. Ce processus est crucial pour prévenir l’accumulation de protéines toxiques, telles que la bêta-amyloïde et la protéine tau, associées à la maladie d’Alzheimer. Un sommeil insuffisant perturbe ce système de nettoyage, augmentant ainsi le risque de développer une démence à un âge avancé.
Le système glymphatique fonctionne en utilisant le liquide céphalo-rachidien (LCR) pour éliminer les déchets du cerveau. Ce liquide circule à travers les vaisseaux sanguins, se mélange au liquide interstitiel et capte les protéines et autres molécules potentiellement nocives. Ce processus de nettoyage est essentiel pour maintenir les fonctions cérébrales optimales.
L’étude, publiée dans Communications Nature, a suivi près de 8 000 adultes britanniques pendant 25 ans. Les résultats démontrent que le manque de sommeil chronique à l’âge mûr constitue un facteur de risque indépendant, même après avoir pris en compte d’autres facteurs tels que les maladies antérieures, les habitudes de vie et la santé mentale. Les participants qui dormaient six heures ou moins présentaient un risque accru de démence, avec une augmentation de 22 % à 50 ans, et de 37 % à 60 ans.
D’autres recherches confirment l’impact du manque de sommeil sur la santé cérébrale. Une étude de l’École de médecine de Harvard a révélé que dormir moins de cinq heures par nuit après 60 ans peut doubler le risque de développer la maladie d’Alzheimer et augmenter la mortalité. Ces données soulignent l’importance d’une bonne qualité et quantité de sommeil pour préserver la santé cérébrale avec l’âge.
Le Dr Stella Maris Valiensi, neurologue à l’hôpital italien de Buenos Aires et auteure du livre El camino del sueño, recommande plusieurs mesures pour améliorer la qualité du sommeil :
- Maintenir des horaires réguliers de sommeil, en se levant à la même heure chaque jour.
- Créer un environnement propice au sommeil, avec une température confortable, l’obscurité et le silence.
- Éviter les repas copieux et la caféine à l’approche de l’heure du coucher.
- Limiter la consommation d’alcool, car il peut fragmenter le sommeil.
- Limiter le temps passé au lit si l’endormissement prend plus de 20 ou 30 minutes.
- Éviter les longues siestes, qui ne devraient pas dépasser 30 minutes.
- Pratiquer une activité physique régulière, de préférence le matin.
- Réduire l’exposition aux écrans le soir.
- Adopter une routine relaxante avant de se coucher.
Les chercheurs soulignent que les changements cérébraux associés à la démence se développent sur des décennies. Ils estiment que le fait d’avoir étudié les habitudes de sommeil dès l’âge mûr permet de considérer le manque de sommeil comme un facteur de risque modifiable et indépendant. La promotion d’une bonne hygiène du sommeil pourrait ainsi intégrer les campagnes de prévention contre la démence.