Publié le 9 février 2024 12:08:00. Des retards préoccupants dans la prise en charge des cancers inquiètent en Irlande, notamment dans le comté de Kilkenny, où les délais d’accès à la chimiothérapie et à la chirurgie du sein dépassent significativement les moyennes nationales.
- Près d’un tiers des patients de Kilkenny attendent plus de 15 jours pour commencer leur chimiothérapie.
- Plus de 40 % des habitants du comté dépassent le délai recommandé de 20 jours pour une intervention chirurgicale du cancer du sein.
- La députée Natacha Nouveaux Drennan dénonce un sous-financement chronique de la stratégie nationale de lutte contre le cancer.
Les services de lutte contre le cancer à Kilkenny sont confrontés à des difficultés croissantes, selon une analyse récente des données de performance transmises à la députée Natacha Nouveaux Drennan, du parti Sinn Féin. Les chiffres révèlent une augmentation des délais d’attente pour des traitements essentiels, suscitant des inquiétudes quant à l’impact sur la santé des patients.
Selon les données du Health Service Executive (HSE), l’agence de santé publique irlandaise, 28 % des résidents de Kilkenny n’ont pas eu accès à la chimiothérapie dans le délai cible de 15 jours ouvrables. Ce taux est significativement plus élevé que la moyenne nationale de 15 % et contraste fortement avec le taux de 2,7 % enregistré dans le comté voisin de Wexford.
Les retards concernent également la chirurgie du cancer du sein. 41 % des patientes de Kilkenny n’ont pas bénéficié d’une intervention chirurgicale dans les 20 jours recommandés, principalement en raison de la longueur des délais pour obtenir des examens par imagerie par résonance magnétique (IRM). L’hôpital universitaire de Waterford (UHW) est le principal centre de cancérologie pour le sud-est du pays et est donc particulièrement sollicité.
« Il s’agit de données alarmantes qui devraient servir de signal d’alarme pour le ministre et le gouvernement. Malgré les efforts considérables du personnel soignant, les services de lutte contre le cancer se détériorent. Les projections pour 2025 sont particulièrement préoccupantes. »
Natacha Nouveaux Drennan, députée
La députée Drennan souligne que ces retards ont des conséquences directes sur la vie des patients. Elle a reçu de nombreux témoignages de personnes contraintes d’attendre des semaines avant de pouvoir commencer leur traitement. Elle dénonce également une inégalité d’accès aux soins, les patients disposant de ressources financières pouvant se tourner vers le secteur privé pour contourner les délais du système public.
« Derrière chaque chiffre se cache une personne qui souffre d’anxiété, qui enchaîne les retards et qui craint que son cancer ne progresse pendant qu’elle attend. »
Natacha Nouveaux Drennan, députée
Selon la députée, le problème est lié à un manque de financement durable de la Stratégie nationale de lutte contre le cancer, lancée en 2018. Elle insiste sur la nécessité d’investir dans les équipements, le personnel et l’amélioration des processus de diagnostic et de traitement. Elle met également en évidence les problèmes de capacité qui affectent l’ensemble du système de santé, depuis l’orientation initiale par un médecin généraliste jusqu’à la chirurgie.
La députée Drennan appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour inverser cette tendance et garantir un accès rapide et équitable aux soins pour tous les patients atteints de cancer. Elle réclame notamment la mise en œuvre complète de la stratégie nationale, avec un financement pluriannuel, et une stratégie crédible en matière de gestion des ressources humaines.