Une crise sanitaire secoue l’Andalousie : le protocole de dépistage du cancer du sein, en vigueur depuis 2012, souffre de graves dysfonctionnements, un problème qui ne date pas d’hier et perdure depuis des années. Le Conseiller à la Présidence, Antonio Sanz, a dénoncé hier un manque d’application et d’évolution de ce dispositif, soulignant les risques encourus par les femmes concernées.
Ces révélations surviennent une semaine après que plusieurs patientes ont alerté sur le fait que le Service andalou de santé (SAS) ne les aurait pas correctement informées des démarches à suivre en cas de diagnostic suspect suite à une mammographie. L’Association des femmes atteintes du cancer du sein (Amama) de Séville, qui envisage un dépôt de plainte conjoint avec le SAS, a provoqué une vive polémique, mettant le gouvernement andalou dans une situation délicate. En réponse, l’exécutif de Juanma Moreno a lancé une revue de près de 2 000 cas suspects et a contacté individuellement les femmes concernées.
Face à l’ampleur de la crise, la Junte d’Andalousie finalise un plan d’urgence pour renforcer la prise en charge des patientes et annonce l’élaboration d’un nouveau protocole. Parallèlement, une audit sera lancée pour identifier l’origine des défaillances et désigner les responsables. La nomination, jeudi dernier, d’un coordonnateur pour le programme de dépistage du cancer du sein au sein du SAS, une fonction qui semble avoir fait défaut pendant des années, témoigne de l’urgence de la situation.
Le président Juanma Moreno a affirmé que l’administration régionale travaillait « contre la montre » pour résoudre les retards accumulés, précisant qu’un diagnostic détaillé de la situation avait été réalisé ce week-end. De son côté, le ministère de la Santé espagnol a exigé de la Junte d’Andalousie l’envoi de tous les rapports relatifs à ces dysfonctionnements, ainsi que des données sur cinq ans pour évaluer l’impact sur le dépistage du cancer. Des informations sont également sollicitées sur les programmes de dépistage du col de l’utérus et du côlon.
« L’ampleur du problème actuel impose une transparence et une coordination maximales entre les administrations », a souligné la ministre, afin de répondre aux besoins de la population et d’éviter que la situation ne se reproduise. Le gouvernement central souhaite ainsi comprendre l’étendue du problème, évaluer son impact sur les femmes et connaître les mesures qui ont été ou seront mises en place.
Le Médiateur de l’Andalousie, Jesús Maetzu, a quant à lui ouvert une enquête d’office pour examiner les retards dans les examens complémentaires demandés suite à des mammographies suspectes. L’Association espagnole contre le cancer (AECC) a également appelé le gouvernement andalou à résoudre « immédiatement » la situation des femmes concernées, leur offrant son soutien et un numéro d’aide gratuit. Vox a vivement critiqué la gestion du président de la Junte, Juanma Moreno, réclamant sa démission et dénonçant un abandon du système de santé.