Publié le 24 février 2026 à 00:57:00. Les États-Unis ont ordonné le départ du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth, une décision prise dans un contexte de tensions croissantes avec l’Iran et de craintes face à une possible escalade militaire dans la région.
Washington a ordonné aux diplomates américains non indispensables et à leurs familles de quitter le Liban, a annoncé lundi le Département d’État. Cette mesure, qualifiée de « préventive », intervient alors que les inquiétudes concernant une action militaire potentielle s’intensifient, notamment en raison des tensions avec l’Iran.
Selon une alerte de voyage mise à jour, le personnel américain restant à Beyrouth se verra imposer des restrictions sur ses déplacements à l’intérieur du pays. Un responsable du Département d’État a précisé qu’il s’agissait d’une mesure temporaire, destinée à réduire l’exposition de l’ambassade américaine à un environnement sécuritaire jugé préoccupant.
Le Liban est depuis longtemps un terrain de représailles lié à l’Iran contre les intérêts et le personnel américains, en raison du soutien et de l’influence de Téhéran sur le groupe militant Hezbollah. Ce dernier a été accusé d’être responsable des attentats meurtriers contre la caserne des Marines américains à Beyrouth en 1983 et contre une annexe de l’ambassade en 1984.
Les changements dans le statut du personnel de l’ambassade américaine à Beyrouth sont souvent interprétés comme un indicateur potentiel d’une action militaire américaine ou israélienne dans la région, particulièrement contre l’Iran. Un retrait similaire avait été observé à Beyrouth et dans d’autres ambassades de la région, notamment en Irak, avant que l’ancien président américain Donald Trump n’ordonne des frappes militaires contre des installations nucléaires iraniennes en juin dernier.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont accrues, notamment en raison du déploiement par Washington de sa plus importante présence militaire au Moyen-Orient depuis des décennies. Le président Trump a menacé à plusieurs reprises d’agir militairement si Téhéran ne négociait pas un accord pour limiter son programme nucléaire. Un second porte-avions se dirige vers la région pour rejoindre d’autres navires de guerre et avions américains, offrant ainsi au président républicain plusieurs options en cas de recours à la force, même si des négociations sont toujours en cours.
Le ministre des Affaires étrangères omanais, Badr al-Busaidi, a indiqué que les États-Unis et l’Iran prévoient de tenir leur prochaine session de négociations nucléaires jeudi à Genève. Un responsable américain a confirmé cette réunion, sans être autorisé à s’exprimer publiquement.
Abbas Araghchi, le plus haut diplomate iranien, a déclaré à CBS dimanche qu’il espérait rencontrer à cette occasion l’envoyé américain Steve Witkoff et a estimé qu’il existait toujours de « bonnes chances » de parvenir à une solution diplomatique concernant le programme nucléaire iranien. Il a également affirmé qu’un projet d’accord serait prêt à être présenté dans les jours à venir.
Lorsqu’il lui a été demandé vendredi si les États-Unis pourraient envisager une action militaire limitée pendant les négociations, le président Trump a répondu : « Je suppose que je peux dire que j’y réfléchis ». Il a également déclaré que l’Iran « ferait mieux de négocier un accord équitable ».
Les pourparlers indirects entre les deux pays, qui se sont tenus ces dernières semaines, n’ont pas permis de progrès significatifs. L’Iran a refusé de discuter des demandes américaines et israéliennes visant à réduire son programme de missiles et à rompre ses liens avec les groupes armés.
