Publié le 2025-10-23 07:25:00. Les États-Unis ont intensifié leur pression sur le Kremlin en sanctionnant les deux géants pétroliers russes, Rosneft et Lukoil. Cette mesure, prise par l’administration Trump, vise à tarir les financements de la guerre en Ukraine et marque une nouvelle étape dans les relations tendues entre Washington et Moscou.
- Sanctions inédites visant les revenus pétroliers de la Russie.
- Annulation d’un sommet Trump-Poutine, signe d’une rupture diplomatique.
- Soutien européen accru à l’Ukraine face à l’agression russe.
Washington a annoncé des sanctions à l’encontre de Rosneft et Lukoil, les deux plus grandes compagnies pétrolières russes. Ces mesures, les premières d’une telle ampleur depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, ont pour objectif de réduire les recettes d’exportation de pétrole qui alimentent l’effort de guerre russe en Ukraine. La décision souligne le positionnement fluctuant de l’administration Trump face au conflit, oscillant entre la volonté de trouver une issue pacifique et la frustration face aux exigences de Moscou.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que le moment était venu de mettre un terme aux « massacres » et d’instaurer un cessez-le-feu immédiat. « Face au refus du président Poutine de mettre fin à cette guerre insensée, le Trésor sanctionne les deux plus grandes compagnies pétrolières russes qui financent la machine de guerre du Kremlin », a-t-il affirmé dans un communiqué, ajoutant que le Trésor était prêt à prendre d’autres mesures si nécessaire. Washington a par ailleurs encouragé ses alliés à rejoindre cet effort de sanction.
L’Union européenne avait déjà sanctionné Rosneft, entreprise publique, mais avait épargné Lukoil, une société privée, en raison des exemptions accordées à la Hongrie et à la Slovaquie, fortement dépendantes du pétrole russe. Le Royaume-Uni avait pour sa part sanctionné les deux compagnies la semaine précédente.
Dans un autre signe de la dégradation des relations, Donald Trump a confirmé l’annulation d’un sommet prévu avec Vladimir Poutine, arguant que les conditions n’étaient pas réunies pour une rencontre productive. « Nous avons annulé la rencontre avec le président Poutine », a déclaré M. Trump. « Cela ne me semblait pas bien. Je n’avais pas l’impression que nous allions arriver là où nous devions arriver, alors j’ai annulé. Mais nous le ferons à l’avenir. »
Une information du Wall Street Journal avait précédemment indiqué que l’administration américaine avait levé les restrictions sur l’utilisation par l’Ukraine de missiles de croisière Storm Shadow, fournis par le Royaume-Uni, permettant leur emploi pour des frappes profondes en territoire russe. Cette perspective avait soulevé des inquiétudes à Washington quant à une possible escalade des tensions avec le Kremlin. Cependant, Donald Trump a catégoriquement démenti cette information sur les réseaux sociaux, la qualifiant de « FAKE NEWS » et affirmant que les États-Unis n’avaient aucun lien avec ces missiles ou leur utilisation.
Ces sanctions représentent la dernière tentative de l’administration Trump de limiter les revenus issus des ventes de pétrole russe à l’international. Auparavant, des droits de douane de 25 % avaient été imposés sur des marchandises indiennes, en réponse aux achats de pétrole russe à prix réduit par ce pays. Selon Edward Fishman, ancien responsable des sanctions au Département d’État, Rosneft était l’une des dernières grandes entreprises russes non entièrement soumises aux sanctions américaines. La question demeure de savoir si les États-Unis cibleront également les négociants étrangers, les banques et les raffineries impliqués dans le commerce du pétrole russe.
Cette annonce est une victoire pour l’Ukraine et ses partenaires européens, qui craignaient que Donald Trump ne cède aux arguments de Vladimir Poutine, suggérant que seule la cession de territoires et la limitation des alliances militaires et économiques de l’Ukraine pourraient mener à la paix.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué les nouvelles sanctions après un entretien avec Scott Bessent. « Avec l’adoption imminente du 19ème paquet de [sanctions] de l’UE, c’est un signal clair des deux côtés de l’Atlantique que nous maintiendrons la pression collective sur l’agresseur », a-t-elle tweeté.
Parallèlement, l’Union européenne s’apprête à interdire les importations de gaz naturel liquéfié russe, à mettre sur liste noire les navires de la « flotte fantôme » des pétroliers russes, et à interdire les transactions financières avec Rosneft et Gazprom Neft. Plusieurs banques et entités russes, facilitant l’évasion des sanctions, seront également ciblées. Les déplacements des diplomates russes dans l’espace Schengen sans visa devraient également être limités.
À Bruxelles, les dirigeants européens doivent manifester leur soutien au président ukrainien Volodymyr Zelensky ce jeudi, suite à une période d’incertitude marquée par l’annonce puis l’annulation de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Lors d’un sommet, les dirigeants de l’UE devraient rencontrer M. Zelensky, réaffirmer leur engagement envers l’intégrité territoriale de l’Ukraine et discuter d’une proposition d’utilisation des avoirs russes gelés pour accorder un prêt substantiel à Kiev. M. Zelensky devrait également recevoir un nouveau paquet de sanctions de l’UE contre la Russie.