Publié le 21 février 2024 18h35. L’administration américaine intensifie la pression sur le cercle rapproché de Nicolás Maduro, exigeant la coopération de Delcy Rodríguez et l’accès à des informations cruciales dans le cadre d’enquêtes pour corruption, blanchiment d’argent et trafic de drogue impliquant plusieurs hauts responsables vénézuéliens.
- Washington réclame la coopération de Delcy Rodríguez, désormais figure de proue du régime vénézuélien, dans des enquêtes visant neuf membres de l’entourage de Maduro.
- Les demandes américaines vont au-delà de simples interrogatoires, incluant l’accès à des documents, le suivi des flux financiers et, à terme, la remise des personnes inculpées.
- Le fils de Nicolás Maduro, Nicolás Ernesto Maduro Guerra, figure parmi les individus visés, accusé de trafic de drogue.
Les États-Unis exercent une pression croissante sur le gouvernement vénézuélien pour obtenir des informations et des preuves concernant des allégations de corruption et de criminalité impliquant des membres clés du régime de Nicolás Maduro. Selon des sources proches du dossier, l’administration américaine a demandé à Delcy Rodríguez de coopérer pleinement aux enquêtes en cours.
Ces enquêtes ciblent neuf individus considérés comme des acteurs majeurs dans des réseaux de corruption, de blanchiment d’argent et de trafic de drogue. Parmi eux, Nicolás Ernesto Maduro Guerra, le fils de l’ancien président, est particulièrement visé. Washington le considère comme une pièce maîtresse pour accéder à des actifs et des informations potentiellement compromettantes.
La demande américaine ne se limite pas à des interrogatoires. Elle comprend un accès complet à la documentation financière, la traçabilité des fonds et, à terme, la remise des personnes faisant l’objet d’inculpations. Cette dernière exigence se heurte toutefois à la Constitution vénézuélienne, qui interdit l’extradition de citoyens nationaux.
Pour contourner cet obstacle, la Maison Blanche aurait proposé un programme d’échange en trois phases. La première phase consiste à obtenir des informations par le biais d’entretiens, d’interrogatoires et de l’accès à des documents sensibles. Un nom clé dans cette phase est celui d’Alex Saab, présenté comme un opérateur influent du régime Maduro et récemment arrêté. La seconde phase prévoit la participation d’équipes américaines aux travaux de vérification, sans reconnaissance publique de la part de Caracas. Enfin, la troisième phase explore des mécanismes de transfert ou de remise des individus, en évitant le terme d’extradition.
Outre Nicolás Ernesto Maduro Guerra, Walter Jacob Gavidia Flores, le beau-fils aîné de Maduro, est également sous le feu des critiques. Il est sanctionné par le Trésor américain pour son rôle présumé dans des marchés publics frauduleux. Les autorités américaines espèrent que son inclusion dans la liste permettra de reconstituer le fonctionnement des réseaux de sécurité et de commandement du chavisme.
Pedro Luis Martín-Olivares, ancien chef du renseignement économique vénézuélien, est également accusé de trafic de drogue aux États-Unis et fait l’objet d’une prime d’un million de dollars. Deux autres hauts responsables, dont l’identité n’a pas encore été révélée, complètent cette liste de personnes visées par les enquêtes américaines.