Les États-Unis se préparent à affronter une période de resserrement budgétaire dans les trois à quatre prochains mois. Cette évolution, qui peut surprendre, s’explique par une conjonction de facteurs économiques clés.
Au cours des cinq derniers mois de l’année, le gouvernement américain devrait collecter environ 150 milliards de dollars supplémentaires au titre des droits de douane. Pour les entreprises et les ménages américains, cela se traduira par une érosion des marges bénéficiaires ou une diminution du revenu disponible, un effet comparable à celui d’une nouvelle taxation.
Dans le même temps, et ce, durant les quatre à cinq mois à venir, aucune mesure d’impulsion budgétaire significative n’est attendue pour contrecarrer cet impact. Le Bureau du budget du Congrès (OBBB, par exemple) ne prévoit d’ailleurs son soutien qu’à partir de 2026, avec un effet de relance budgétaire dont l’ampleur reste à confirmer.
Le résultat net de cette équation est donc un resserrement budgétaire palpable pour le début de l’année prochaine.
Les indicateurs économiques actuels corroborent cette analyse. Les dépenses de déficit primaire, corrigées de l’inflation, s’élevaient à 1,54 % en 2025. Ce chiffre est déjà inférieur aux niveaux enregistrés l’année précédente. Si les prévisions concernant l’impact des droits de douane se confirment, l’impulsion du déficit primaire sera donc nettement moins favorable qu’en 2023 et 2024.
La question qui se pose est de savoir comment l’économie américaine parviendra à absorber une telle contraction budgétaire. Des premiers signes de faiblesse commencent déjà à apparaître, suggérant un environnement économique potentiellement tendu.