Publié le 8 février 2026 à 00h21. Le Conseil économique de la CDU propose une réforme radicale du système de retraite allemand, visant à freiner l’augmentation des cotisations sociales, mais au prix de potentielles réductions des pensions pour les retraités.
- Le Conseil économique de la CDU appelle à une « réforme de l’agenda » pour les travailleurs, incluant la suppression de certains avantages en matière de retraite.
- Les propositions incluent la suppression de la pension de base et de la pension de mère, ainsi que des déductions plus importantes en cas de retraite anticipée.
- Les syndicats dénoncent ces mesures, les qualifiant de « coup de pied dans le tibia » pour les retraités et de « guerre des classes par le haut ».
Berlin – Le Conseil économique de la CDU a présenté un ensemble de mesures destinées à alléger le fardeau financier pesant sur les salariés allemands. Selon Wolfgang Steiner, secrétaire général de l’organisation, il s’agit d’une « politique responsable » visant à maîtriser l’augmentation des cotisations sociales et à garantir un niveau de revenu disponible plus élevé pour les travailleurs. L’enjeu principal, selon le Conseil économique, est de maîtriser les coûts liés aux retraites.
Les recommandations du Conseil économique, si elles sont adoptées par le gouvernement du chancelier Friedrich Merz, pourraient entraîner des réductions significatives des pensions. Parmi les mesures envisagées figurent la suppression des « privilèges » accordés à certains groupes de retraités par le biais de différents régimes de retraite.
Suppression des « privilèges » : la pension de base remise en question
Le Conseil économique considère que la pension de base, versée aux retraités ayant cotisé pendant de nombreuses années mais ayant perçu de faibles revenus, constitue un tel « privilège ». En 2024, le montant moyen de cette pension s’élevait à 97 euros par mois. Sa suppression priverait de cette aide financière une partie des retraités les plus modestes, augmentant ainsi le risque de pauvreté.
« Il est extrêmement antisocial d’exiger des économies de la part de ceux qui ont très peu pour vivre. »
Michaela Engelmeier, Association sociale allemande (SoVD)
Selon Michaela Engelmeier, les personnes ayant eu de faibles revenus en raison de conditions de travail précaires « reçoivent aujourd’hui le complément de pension de base, qui représente leur gagne-pain ». La suppression de cette aide serait donc particulièrement injuste.
La pension de mère également visée
Le Conseil économique propose également de supprimer la pension de mère, une allocation versée aux mères qui ont interrompu leur carrière professionnelle pour élever leurs enfants. Cette mesure pénaliserait particulièrement les femmes, qui sont souvent les principales bénéficiaires de cette allocation. Parallèlement, le Conseil économique préconise d’augmenter les pénalités pour les personnes qui prennent leur retraite avant l’âge légal, et de supprimer la possibilité de partir à la retraite à 63 ans après 45 ans de cotisations.
En outre, le Conseil économique estime que l’âge de la retraite devrait être progressivement relevé au-delà de 67 ans, en le liant à l’évolution de l’espérance de vie. Les personnes qui choisiraient de prendre leur retraite plus tôt devraient donc subir des pénalités plus importantes.
Ces propositions suscitent de vives critiques de la part des syndicats. Anja Piel, membre du conseil d’administration de la Confédération allemande des syndicats (DGB), a dénoncé une « guerre des classes par le haut », soulignant que ces mesures pénaliseraient les travailleurs qui ont contribué à la prospérité du pays pendant des décennies.
Une explosion des cotisations sociales justifie, selon le Conseil économique, ces réformes
Le Conseil économique justifie ses propositions par l’augmentation rapide des cotisations sociales. Selon ses estimations, les cotisations de sécurité sociale pourraient atteindre 45 % d’ici la fin du mandat actuel du gouvernement, et même atteindre 50 % en 2040 en raison du vieillissement de la population et du nombre croissant de retraités.
Cependant, les syndicats estiment que d’autres solutions doivent être envisagées pour financer le système de retraite, telles que la réintroduction de l’impôt sur la fortune, une réforme des droits de succession et une taxation plus juste des dividendes et des grandes entreprises.