Publié le 2024-10-27 10:35:00. Des pratiques de pêche ancestrales observées sur la côte ghanéenne pourraient apporter des solutions durables à la gestion des ressources halieutiques, selon une récente étude. Le rapport souligne l’importance de reconnaître et d’intégrer les systèmes de gouvernance traditionnels dans la politique de conservation.
- Les communautés de pêcheurs ghanéennes pratiquaient déjà des périodes de repos pour les zones de pêche bien avant l’instauration de mesures de conservation étatiques.
- Ces pratiques traditionnelles, incluant des pauses hebdomadaires, des interdictions liées aux festivals et des périodes saisonnières, favorisent la régénération des écosystèmes marins.
- L’étude recommande une reconnaissance officielle des structures de gouvernance traditionnelles dans la législation ghanéenne sur la pêche.
Une étude menée par l’Université de St Andrews, en collaboration avec la Commission des pêches du Ghana et d’autres partenaires, met en lumière l’efficacité des pratiques de pêche autochtones en matière de durabilité. Le projet, connu sous le nom de Projet de recherche Sankofa (Création de synergies entre les pratiques autochtones et les connaissances scientifiques – ISIPSK), a examiné l’équilibre entre équité et conservation à travers l’exemple de la saison de pêche fermée au Ghana.
Les chercheurs ont constaté que les communautés côtières, telles que celles de Tema, Apam, Abuesi et Akplabanya, appliquaient volontairement des périodes de non-pêche dans le cadre de leurs systèmes de gouvernance traditionnels. Ces « micro-fermetures », comme les ont qualifiées les chercheurs, permettaient aux populations de poissons de se reconstituer. Dans la région de la Volta, des rituels comme le Nudedephu, impliquant des sacrifices aux divinités marines et des interdictions temporaires de pêche, étaient également considérés comme bénéfiques pour l’abondance des prises.
Le rapport souligne que ces pratiques traditionnelles fonctionnent de manière similaire aux approches scientifiques modernes de conservation.
« Ces pratiques traditionnelles fonctionnaient de manière comparable aux approches scientifiques modernes de conservation. »
Rapport du Projet de recherche Sankofa
Cependant, l’étude observe que l’affaiblissement de l’autorité traditionnelle et le manque de respect pour les pratiques ancestrales ont diminué l’efficacité de ces systèmes de conservation communautaires.
Pour remédier à cette situation, les chercheurs recommandent que la loi ghanéenne sur la pêche de 2025 (article 169 (1)) reconnaisse officiellement les structures de gouvernance traditionnelles. Cette reconnaissance permettrait de favoriser une gestion plus inclusive et communautaire des ressources marines, en tirant parti des connaissances et des pratiques locales.