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Les experts exigent que l’UE lance une initiative de paix

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Publié le 2025-11-08 15:17:00. Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, des voix s’élèvent en Europe pour réclamer une diplomatie plus active, critiquant une stratégie axée uniquement sur le soutien militaire et financier qui semble mener à une impasse.

  • Des critiques pointent une absence d’initiatives diplomatiques européennes, malgré l’échec de la politique actuelle à mettre fin au conflit.
  • L’UE est invitée à reprendre un rôle central dans les négociations, afin de défendre ses propres intérêts et de ne pas laisser les décisions majeures aux seuls États-Unis et à la Russie.
  • Des analystes américains suggèrent qu’un cessez-le-feu pourrait renforcer la sécurité de l’Ukraine et de l’OTAN, appelant à une préparation active d’un accord de paix durable.

Alors que les combats persistent en Ukraine, Berlin et l’Union européenne maintiennent un soutien militaire et financier sans faille, excluant pour l’heure toute négociation avec la Russie. Cette approche est de plus en plus remise en question. Reinhard Krumm, chef du bureau de Washington de la Fondation Friedrich Ebert (FES, affiliée au SPD), a exprimé dans une tribune publiée dans la FAZ son étonnement face à cette renonciation des Européens à leurs propres initiatives diplomatiques.

Selon M. Krumm, il est temps pour les États membres de l’UE de reconnaître que la politique menée jusqu’à présent n’a pas abouti à une résolution du conflit. « Contrairement aux prédictions, l’économie russe ne s’est pas effondrée, les soldats russes n’ont pas déserté en grand nombre, la Fédération de Russie n’est pas isolée sur le plan international et est donc toujours en mesure de poursuivre la guerre d’agression contre l’Ukraine », a-t-il constaté. Il souligne que depuis plus de 1 340 jours, l’Ukraine subit des attaques quotidiennes, entraînant des pertes humaines et la destruction d’infrastructures, empêchant toute reconstruction.

« Pourquoi l’Europe, à l’initiative des États membres de l’UE, ne commence-t-elle pas à utiliser l’instrument classique de la diplomatie en plus des mesures précédentes ? » s’interroge Krumm, qui avance cinq arguments en faveur d’une relance de la diplomatie européenne. Premièrement, cela permettrait à l’Europe de siéger à la table des négociations, un rôle actuellement tenu par les États-Unis. Deuxièmement, seuls les membres de l’UE pourraient définir les résultats souhaités. Une négociation menée uniquement entre la Russie et les États-Unis ne garantirait pas un dénouement satisfaisant pour les Européens, qui sont perçus comme des « poids légers » sur les plans militaire et stratégique par Moscou et Washington.

La paix en Ukraine au-dessus de la tête des Européens ? Le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald TrumpPA

Troisièmement, il est jugé irresponsable d’attendre une décennie pour que la Russie s’assoie à la table des négociations, alors que la guerre continue sans relâche. Quatrièmement, il est urgent de mieux comprendre les intentions du gouvernement russe et ses conclusions quant au déroulement de la guerre, une démarche qui fut couronnée de succès durant la Guerre Froide. Enfin, cinquièmement, l’Europe risque de subir les décisions d’autres acteurs plutôt que de façonner sa propre destinée. Les dirigeants européens, lorsqu’ils abordent la question de la résolution de la guerre d’agression russe, ne sont pas toujours entendus à la Maison Blanche, surtout après les pourparlers russo-américains. L’absence d’une voix européenne forte dans les cercles de pouvoir américains est soulignée.

Le think tank américain Council on Foreign Relations (CFR) suggère de son côté qu’un accord de cessez-le-feu pourrait renforcer la sécurité de l’Ukraine, mais aussi celle de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Malgré les faibles perspectives d’un cessez-le-feu rapide, le CFR estime que les États-Unis, en collaboration avec leurs partenaires européens, devraient préparer et planifier un accord de paix pérenne. Cela impliquerait de définir des clauses de cessez-le-feu destinées à apaiser les inquiétudes ukrainiennes et européennes concernant un possible retournement de situation de la part de la Russie, en rendant particulièrement coûteuse pour Moscou la rupture d’un tel accord, tant sur le plan politique qu’économique et militaire.

Il ne faut pas négliger la possibilité d’une évolution soudaine des circonstances en faveur de la paix en Ukraine. Il est donc crucial d’être préparé à ce moment, car des négociations hâtives, sans considération des détails pratiques, peuvent aboutir à des accords fragiles et éphémères. De plus, une compréhension préalable de la manière dont un cessez-le-feu, conçu avec prévoyance et soin, pourrait atténuer les préoccupations sécuritaires des deux parties, notamment celles de l’Ukraine, faciliterait la conclusion d’un accord le moment venu. Les Européens devraient donc anticiper et réfléchir à un ordre de paix en Europe, avant que d’autres ne le fassent à leur place.

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