Home Accueil Les fosses de sables mouvants qui attendent Zohran Mamdani et comment il peut les éviter

Les fosses de sables mouvants qui attendent Zohran Mamdani et comment il peut les éviter

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Zohran Mamdani démarre son mandat de maire élu avec une équipe de transition prometteuse, saluée par une couverture généralement positive. À sa tête, quatre femmes aux profils variés, dont trois vétéranes des arcanes municipales : une issue de l’administration Bill de Blasio, et deux autres ayant servi sous des prédécesseurs aux philosophies bien distinctes, Eric Adams et Mike Bloomberg. La quatrième recrue, Lina Khan, ancienne présidente de la Federal Trade Commission sous Joe Biden, attire particulièrement l’attention. Figure admirée par les progressistes, elle est perçue avec une certaine méfiance par le monde capitaliste. Sa présence envoie ainsi un signal rassurant à la base électorale de Mamdani, tout en adressant un avertissement subtil, mais significatif, à l’élite économique.

L’ampleur de la tâche qui attend Zohran Mamdani est considérable. Il devra superviser une métropole de plus de 300 000 employés et gérer un budget colossal de plus de 100 milliards de dollars. L’administration municipale de New York s’apparente à un Léviathan tentaculaire, dépassant en taille de nombreux gouvernements d’États américains.

Fort de mon expérience passée dans la couverture des administrations Koch, Dinkins, Giuliani et Bloomberg, et familier des rouages médiatiques new-yorkais, je peux avancer une hypothèse éclairée : des adversaires puissants guettent déjà Zohran Mamdani, prêts à lui tendre des pièges. Leurs armes les plus redoutables ne seront ni le socialisme ni le conflit israélo-palestinien, sujets centraux de sa campagne, ni même la criminalité, dont une résurgence soudaine semble improbable.

La véritable menace résidera dans la corruption et le scandale. Ce n’est pas une spécificité de Mamdani, mais plutôt une fatalité inhérente aux gouvernements des grandes villes, et New York en est l’archétype. La corruption et le scandale y semblent, et ont souvent été, inévitables. Mamdani et son équipe doivent en être conscients et bâtir une administration blindée contre ces écueils.

La stratégie anti-scandale : compétence et honnêteté

Cela implique de nommer à des postes clés des individus compétents et irréprochables, indépendamment de leur idéologie. Le responsable des services d’assainissement, par exemple, n’a pas besoin de maîtriser les nuances entre social-démocratie et socialisme démocratique. Sa priorité doit être la collecte des déchets et le déneigement, particulièrement dans les quartiers qui ont soutenu Andrew Cuomo. En cas de neige persistante sans déblaiement, des médias comme le New York Post n’hésiteront pas à déchiqueter l’administration, une réalité médiatique implacable.

Au-delà de cet exemple évident, trois agences méritent une attention particulière pour la nomination de responsables de confiance : le ministère de l’Éducation, la New York City Housing Authority (NYCHA) et la Health and Hospitals Corporation (HHC).

  • Le ministère de l’Éducation, le plus vaste, emploie environ 150 000 personnes, dispose d’un budget de près de 40 milliards de dollars et scolarise plus d’un million d’enfants.
  • La NYCHA compte plus de 10 000 employés, un budget de plus de 5 milliards de dollars, et gère 335 propriétés desservant plus d’un demi-million de résidents.
  • La HHC mobilise quelque 43 000 employés, gère un budget de 12 milliards de dollars, et exploite 11 hôpitaux publics et 30 cliniques communautaires.

Ces institutions ont par le passé été le théâtre de scandales majeurs qui ont éclaboussé les mandats de maires précédents. On se souvient d’un dirigeant de la HHC sous Ed Koch ayant falsifié ses diplômes, ou encore d’une responsable de la NYCHA sous David Dinkins ayant dépensé une somme exorbitante pour la décoration de son bureau, incluant, semble-t-il, un canapé à 3 000 dollars.

Rudy Crew, ancien chancelier de l’Éducation, décrivait son travail comme un équivalent à se tenir sur un trottoir roulant sous une pluie de flèches qui s’intensifie sans cesse. Cette métaphore illustre la pression constante pesant sur les épaules du maire, une pression qui sera démultipliée pour Mamdani dès les premiers instants de son administration. Les opposants chercheront activement des failles, en particulier au sein des agences mentionnées, pour y débusquer le moindre signe de scandale.

Le rôle des médias et la transparence comme rempart

Zohran Mamdani doit également comprendre la puissance médiatique, notamment celle du New York Post, qui a longtemps dicté le cycle de l’actualité new-yorkaise. Les attaques basées sur son idéologie risquent de faire moins de dégâts que la révélation d’un scandale d’hypocrisie, un terrain de jeu favori de la droite.

Deux impératifs s’imposent donc :

  1. Nommer des responsables d’élite : désigner des personnes honnêtes, compétentes et sans fard pour diriger ces vastes départements, capables de détecter et de prévenir toute dérive corruptrice.
  2. Surveillance active : consacrer une partie significative de son temps à superviser ces agences, interroger les adjoints responsables, contacter directement les chefs de service et effectuer des visites impromptues pour signifier sa tolérance zéro envers la corruption.

Si une inspection révèle des malversations, le conseil est clair : brûler les ponts en toute transparence. Plutôt que de dissimuler l’affaire ou de limoger discrètement un fautif, Mamdani devrait s’adresser directement aux journalistes, exposer les faits, les actions entreprises et assumer la responsabilité. Cette franchise est le socle de la nouvelle politique qu’il aspire à bâtir.

En démontrant qu’un gouvernement de gauche peut allier une honnêteté implacable à une efficacité raisonnable, Zohran Mamdani accomplira un exploit majeur, indépendamment de toute autre réalisation.

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