Publié le 12 février 2026 04:46:00. Le commerce en ligne français continue de prospérer, atteignant un chiffre d’affaires record de 196,4 milliards d’euros en 2025, malgré un contexte économique et géopolitique incertain. Cette croissance, bien que ralentie par rapport à l’année précédente, est tirée par les services et l’essor de l’intelligence artificielle dans les habitudes d’achat.
- Le chiffre d’affaires du commerce en ligne a frôlé les 200 milliards d’euros en 2025 (196,4 milliards d’euros), en hausse de 7% sur un an.
- 3,2 milliards de transactions ont été réalisées en ligne en France en 2025, soit une augmentation de 10% par rapport à 2024.
- L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée par les acheteurs en ligne, notamment pour gagner du temps et comparer les produits.
Le secteur du commerce électronique français affiche une vitalité persistante. Selon le bilan annuel de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), les dépenses en ligne des Français ont atteint 196,4 milliards d’euros en 2025, marquant une progression de 7% sur un an. Bien que ce chiffre soit impressionnant, il représente un léger ralentissement par rapport à la croissance de 9,6% enregistrée en 2024.
Cette dynamique positive est portée par une forte demande de services, dont les ventes ont bondi de 9% pour atteindre 120,3 milliards d’euros. Les ventes de produits, quant à elles, ont augmenté de 4%, s’élevant à 76,1 milliards d’euros. Le nombre total de transactions en ligne a également atteint un niveau inédit, avec 3,2 milliards d’opérations enregistrées, soit une hausse de 10% sur un an.
Face à ce contexte, Marc Lolivier, directeur général de la Fevad, souligne l’importance stratégique d’un secteur du commerce en ligne solide :
«Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions commerciales, disposer d’une filière e-commerce forte et structurée constitue un atout stratégique et un instrument de souveraineté qu’il nous appartient de préserver et de renforcer»
Marc Lolivier, directeur général de la Fevad
Il alerte également sur la «concurrence déloyale des plateformes asiatiques» et plaide pour un renforcement des réglementations européennes concernant les produits importés hors de l’Union européenne.
Le secteur de la mode est particulièrement touché par cette concurrence, affichant un recul de 0,5% de son chiffre d’affaires en ligne en 2025. Ce déclin s’explique en partie par l’attrait croissant des plateformes chinoises, comme Shein et Temu, qui exercent une pression à la baisse sur le panier moyen des consommateurs. Ce dernier s’élevait à 62 euros en 2025, en diminution de 3%.
Parallèlement, l’essor de la seconde main, avec des acteurs comme Vinted et Leboncoin, contribue à cette tendance. Les consommateurs français semblent donc privilégier une approche plus mesurée de leurs dépenses, commandant davantage mais en étant attentifs aux prix.
En termes de performance sectorielle, l’électronique et l’électroménager affichent la plus forte croissance (+5,2%), suivis par le sport (+5,1%), le meuble et la décoration (+3%), les textiles maison (+2,9%), les produits de grande consommation (+2,7%) et la beauté (+2%).
L’intelligence artificielle (IA) s’impose également comme un élément clé de l’expérience d’achat en ligne. Une enquête menée par l’institut Odaxa pour la Fevad en janvier 2026 révèle qu’un tiers des acheteurs en ligne (31%) utilisent déjà l’IA générative. 58% des consommateurs l’emploient pour «gagner du temps, obtenir des informations neutres, comparer des produits ou effectuer une première sélection», selon l’étude.
L’IA trouve une application plus naturelle dans les achats techniques ou complexes. Par exemple, elle est utilisée dans 29% des recherches concernant les produits techniques et l’électroménager, alors qu’elle ne représente que la septième catégorie de produits achetés en ligne en 2025. À l’inverse, l’habillement, en tête des achats de produits physiques, n’arrive qu’en cinquième position en ce qui concerne le recours à l’IA.
L’utilisation de l’IA est particulièrement répandue chez les 15-24 ans (49%) et les 25-34 ans (46%), ainsi que chez les cadres (44%) et les habitants d’Île-de-France (40%). Cependant, une part importante des Français reste méfiante, 57% craignant un manque de neutralité commerciale et 51% s’interrogeant sur la confidentialité de leurs données.
«Celui qui contrôle les IA génératives, contrôle aussi les arbitrages des consommateurs»
Marc Lolivier, directeur général de la Fevad