Home Économie Les indices PMI allemand et français maintiendront-ils les perspectives de taux baissiers soutenues ?

Les indices PMI allemand et français maintiendront-ils les perspectives de taux baissiers soutenues ?

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La zone euro face à une reprise économique : entre espoirs et vigilance

Les indicateurs économiques de la zone euro dessinent un tableau de reprise continue de la croissance, alimentant les anticipations d’une remontée des taux d’intérêt. Cependant, les performances des indices PMI français et allemands seront scrutées de près, ces deux locomotives économiques étant souvent perçues comme des points de vulnérabilité potentiels pour la région.

### Des perspectives globalement positives, mais des nuances régionales

Le consensus actuel anticipe une persistance des indices PMI globaux de la zone euro au-dessus du seuil symbolique de 50, signe d’une expansion progressive de l’activité économique. Cette dynamique devrait logiquement se traduire par une tendance haussière des taux d’intérêt de la zone euro. Toutefois, l’attention se porte particulièrement sur les économiques française et allemande. Leur évolution pourrait soit conforter le sentiment de marché positif, soit, en cas de défaillance, engendrer une volatilité accrue.

Dans ce contexte, une amélioration attendue de l’indice manufacturier allemand, qui devrait repasser le cap de la rentabilité à 50 (contre 49,8 actuellement), est vue d’un œil optimiste. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis 2022. Le soutien budgétaire croissant en Allemagne vient renforcer cette tendance prudemment optimiste.

À l’inverse, les indices PMI français suscitent davantage d’interrogations. Des chiffres inférieurs aux attentes pourraient compliquer la donne pour les perspectives budgétaires. Les écarts de rendements obligataires (spreads) sur les dettes souveraines françaises, jugés actuellement étroits par les analystes, pourraient alors se creuser. Cette détérioration de la dynamique de croissance française pourrait servir de catalyseur à une réévaluation plus large des risques. Par ailleurs, il est prévu que ces spreads s’élargissent vis-à-vis de ceux de l’Espagne et de l’Italie, économies qui bénéficient non seulement d’indices PMI plus robustes mais aussi de relèvements de notation récents.

### Vigilance face aux risques baissiers

Bien que n’étant pas le scénario privilégié, le risque que les indices PMI de la zone euro ne parviennent pas à maintenir leur redressement plane sur les marchés. Une série de déceptions économiques pourrait amener la Banque Centrale Européenne (BCE) à envisager de nouvelles baisses de taux.

Pour l’heure, les perspectives d’inflation demeurent favorables, offrant à la BCE une marge de manœuvre appréciable pour ajuster sa politique monétaire, notamment une baisse des taux à deux ans. L’extrémité longue de la courbe des taux devrait, quant à elle, rester relativement stable, soutenue par les perspectives de soutien budgétaire pour les années 2026 et 2027.

### Les rendez-vous économiques du jour

Mardi, les projecteurs seront braqués sur la publication des indices PMI. Pour la zone euro, peu de changements sont anticipés, avec un indice manufacturier à 50,5 et celui des services à 50,7. L’Allemagne devrait enregistrer une légère amélioration, bien que le secteur des services reste en deçà de 50. La France pourrait, quant à elle, voir ses indices ralentir, le secteur manufacturier se situant juste au-dessus de 50 et les services déjà en territoire de contraction. Trois représentants de la BCE, Georg Müller, Martin Kocher et Piero Cipollone, prendront également la parole.

Aux États-Unis, les indicateurs ISM, bien que moins médiatisés, devraient afficher un léger repli, tout en restant confortablement au-dessus du seuil de 50. L’indice ISM manufacturier est attendu à 52, en baisse de 0,5 point par rapport au précédent. L’attention sera surtout portée sur les interventions publiques de plusieurs responsables de la Réserve Fédérale, dont le président Jerome Powell, Michelle Bowman et Raphael Bostic, qui aborderont l’état de l’économie américaine.

Sur les marchés primaires, les Pays-Bas proposeront une nouvelle émission d’obligation d’État à 30 ans. Le Portugal a également mandaté des banques pour une nouvelle obligation à échéance octobre 2033 et une ligne à 30 ans. L’Allemagne mettra en vente pour 4,5 milliards d’euros de Schatz à 2 ans. Le Royaume-Uni proposera quant à lui 1,5 milliard de livres sterling de dette à moyen terme, tandis que le Trésor américain vendra 69 milliards de dollars de bons du Trésor.

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