Publié le 14 février 2026 à 11h27. Afin de contrer l’effondrement rapide de leur population, une poignée de jeunes serpents constricteurs seront relâchés dans la réserve naturelle de Wolfhezerheide, près d’Oosterbeek, dans la province de Gueldre.
- La population de vipères de la Wolfhezerheide a chuté de plus de 60 individus en 2020 à environ 25 aujourd’hui.
- L’organisation de protection de la nature RAVON va relâcher six ou sept jeunes mâles en mars pour favoriser l’accouplement et augmenter la diversité génétique.
- La sécheresse et l’isolement de la réserve contribuent au déclin de l’espèce, classée comme vulnérable aux Pays-Bas.
L’état critique de la population de vipères de la Wolfhezerheide suscite l’inquiétude des spécialistes. Selon Raymond Creemers, de l’organisation RAVON (Reptielen Amfibieën en Vissen Onderzoek Nederland), « En 2020, il y avait un peu plus de 60 vipères. Aujourd’hui, il n’en reste plus qu’environ 25. Cela va donc très vite ». Ce déclin alarmant a conduit à la mise en place d’un plan de sauvetage.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante. La Wolfhezerheide est relativement isolée, séparée par l’autoroute A50 et une route provinciale très fréquentée. « La prochaine population se trouve à des kilomètres, tandis que d’autres populations de vipères sont en contact avec environ cinq autres », explique M. Creemers. « En conséquence, ces populations se portent beaucoup mieux. » De plus, une analyse génétique a révélé une consanguinité au sein de la population locale, réduisant sa capacité à survivre et à s’adapter.
La sécheresse persistante dans la région aggrave encore la situation. « Il existe de nombreuses zones sèches et elles ne peuvent pas bien y faire face. Par exemple, le cours d’eau est très bas depuis un certain temps. Cela peut encore être inversé, mais cela prendra beaucoup de temps », précise M. Creemers.
Le projet de réintroduction, initié par RAVON, consiste à relâcher des jeunes mâles provenant de populations plus saines de la Veluwe. « Les jeunes mâles sont plus susceptibles de participer à l’accouplement. De plus, les femelles plus âgées peuvent avoir plus de petits. Nous souhaitons donc particulièrement ajouter ces mâles adolescents à la population », explique M. Creemers.
Les vipères, le seul serpent venimeux des Pays-Bas, sont classées comme vulnérables sur la liste rouge des espèces menacées. On les trouve principalement en Drenthe, en Frise et dans la Veluwe, avec des observations sporadiques dans l’est de l’Overijssel et dans la réserve naturelle du Meinweg, dans le Limbourg.
Le relâcher des jeunes serpents est prévu début mars, afin qu’ils puissent participer à la saison des amours qui débute en avril. « Les mâles sentent les femelles et s’approchent immédiatement d’elles. Si vous le faites six mois plus tôt ou plus tard, vous courez le risque qu’ils aient déjà quitté la zone », explique M. Creemers. « Nous espérons qu’ils s’accoupleront avec succès au moins une fois. »
Natuurmonumenten, le gestionnaire du site, et la province de Gueldre doivent encore donner leur accord final pour le projet. M. Creemers souligne toutefois qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. « Les véritables causes telles que le dessèchement et la fragmentation nécessitent une approche plus longue et plus structurelle consistant à mouiller la vallée du cours d’eau et à tirer parti des opportunités de développement de la nature dans les environs immédiats. »