Publié le 16 février 2024 à 06:49:00. La controverse éclate aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina après des accusations de tricherie au curling, où des athlètes sont soupçonnés de toucher illégalement les pierres pendant leur lancer. Ces accusations ont conduit à des disqualifications et à une vive critique de l’arbitrage.
- Des équipes de Suède et du Canada ont été les premières à soulever des questions sur le respect des règles, déclenchant une vague de protestations.
- L’équipe féminine canadienne a vu une pierre être invalidée après une décision controversée, suscitant l’indignation du camp canadien.
- Le débat sur l’introduction de la vidéo pour l’arbitrage du curling s’intensifie, divisant les opinions parmi les athlètes.
Les compétitions de curling aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, en Italie, sont secouées par une polémique grandissante. Des accusations de tricherie, portant sur le non-respect de la règle interdisant de toucher les pierres pendant leur glissement sur la glace, ont émergé ce week-end, jetant une ombre sur le déroulement des épreuves.
L’incident le plus récent s’est produit dimanche lors d’un match entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Le curleur écossais Bobby Lammie a été accusé d’avoir touché la pierre à deux reprises lors de son lancer, alors que son équipe s’est finalement imposée sur le score de 9 à 4. Une pierre a été retirée du jeu suite à cette accusation.
La controverse a débuté vendredi soir lorsque l’équipe masculine de Suède a accusé ses adversaires canadiens d’avoir enfreint les règles. Cet échange a rapidement dégénéré en une dispute animée entre les joueurs et a suscité une couverture médiatique intense.
Samedi, World Curling a déployé des officiels supplémentaires pour surveiller de près ce qu’on appelle la « ligne du cochon » – le point précis où les curleurs doivent relâcher la pierre pendant leur lancer. Cette surveillance accrue a conduit à la disqualification d’une pierre de l’équipe féminine canadienne, menée par Rachel Homan, lors de son match contre la Suisse, après qu’elle ait été jugée avoir été touchée à deux reprises.
Les curleurs soulignent que les infractions liées au « double contact » n’ont jamais été signalées avec une telle insistance lors de compétitions précédentes, et reconnaissent qu’il peut être difficile de déterminer avec certitude si un joueur a enfreint la règle.
Le Canada dénonce une décision « scandaleuse » et des officiels « non préparés »
Brad Jacobs, capitaine de l’équipe masculine canadienne, a exprimé son sentiment que lui et ses coéquipiers étaient injustement ciblés à la suite des premières plaintes suédoises.
« Ce qui s’est passé avec la pierre de [Homan] était scandaleux. J’ai immédiatement eu l’impression qu’en tant que curleurs canadiens, nous étions visés. Retirer une pierre de cette manière, je pense que c’était une tragédie. »
Brad Jacobs, capitaine de l’équipe masculine canadienne
Paul Webster, l’entraîneur de l’équipe canadienne, a remis en question la décision de World Curling de placer des officiels sur la ligne du cochon, estimant qu’ils n’étaient pas suffisamment préparés pour cette tâche.
« Je pense que nous avons des personnes non formées qui font des choses qu’elles n’ont jamais faites auparavant. J’ai beaucoup de respect pour les personnes qui donnent de leur temps ici, mais nous ne sommes pas à un tournoi en Saskatchewan pour expérimenter. Nous sommes aux Jeux olympiques. »
Paul Webster, entraîneur de l’équipe canadienne
Une pierre britannique retirée contre l’Allemagne
World Curling a revu sa décision d’intensifier l’arbitrage dimanche, mais pas avant une nouvelle controverse. Le joueur britannique Bobby Lammie s’est également vu retirer une pierre lors du match contre l’Allemagne.
Interrogé sur cet incident, Brad Jacobs a déclaré : « S’il lançait cette pierre de cette façon contre nous, personnellement, je ne voudrais jamais que cette pierre soit retirée. Il n’a rien fait de mal à mon avis. » Il a toutefois souligné qu’il était positif de constater que les Canadiens n’étaient pas les seuls visés – « ce qui est une bonne chose », a-t-il ajouté.
Curling : faut-il recourir à la vidéo pour l’arbitrage ?
La controverse a relancé le débat sur l’utilisation de la vidéo pour l’arbitrage au curling. Johanna Heldin, de Suède, a exprimé ses réserves : « S’ils introduisent cela, je pense que cela perturbera probablement la vitesse du jeu. Nous avons toujours été un sport qui essaie de respecter les règles et d’avoir un haut niveau d’esprit sportif, alors j’espère que nous pourrons trouver une solution. »
Tara Peterson, des États-Unis, a adopté une position différente, affirmant qu’elle soutiendrait « absolument » l’utilisation de la vidéo : « Il y a des cas où un visionnage instantané serait crucial », a-t-elle déclaré.