Publié le 23 février 2026 à 21h46. Les législateurs de l’Illinois s’efforcent d’abroger une nouvelle taxe sur les paris sportifs à Chicago, ravivant le débat sur la réglementation et la fiscalité des paris dans l’État.
- Le projet de loi HB 4171 empêcherait la ville de Chicago de percevoir une taxe sur les paris sportifs.
- Le projet de loi a été approuvé à l’unanimité par la commission compétente de la Chambre des représentants.
- Les acteurs de l’industrie craignent que la multiplication des taxes locales ne déstabilise le marché et n’encourage les parieurs à se tourner vers des plateformes illégales.
Quelques semaines seulement après son entrée en vigueur, la taxe municipale de 10,25 % sur les paris sportifs à Chicago est remise en question. Un projet de loi déposé à Springfield, le HB 4171, vise à interdire à toute entité locale d’imposer des taxes aux opérateurs de jeux d’argent réglementés par l’État. Cette initiative reflète l’inquiétude croissante des législateurs quant à la complexification potentielle du marché des paris en Illinois si les municipalités étaient autorisées à appliquer leurs propres politiques fiscales.
La taxe de 10,25 % sur les mises à Chicago est officiellement entrée en vigueur le 1er janvier 2026, dans le cadre du plan budgétaire du maire Brandon Johnson. Son introduction a immédiatement suscité des interrogations, notamment en raison de l’absence d’un cadre clair en matière de licences. Des doutes subsistent quant à la manière dont les opérateurs se conformeront à cette nouvelle réglementation et à la possibilité que certains choisissent de quitter le marché de Chicago.
En réponse, le représentant Daniel Didech a présenté le HB4171, une mesure visant à réserver à l’Assemblée générale le pouvoir exclusif de taxation lié aux jeux d’argent. La proposition a été adoptée sans opposition par la commission des jeux de la Chambre et a recueilli le soutien de 32 co-sponsors, témoignant d’un large consensus à ce stade du processus législatif.
Les acteurs de l’industrie ont également exprimé leurs préoccupations. La Sports Betting Alliance, qui représente bet365, BetMGM, DraftKings, Fanatics Sportsbook et FanDuel, a mis en garde contre les risques d’un système fiscal disparate. Ils ont souligné que permettre aux municipalités, comme Chicago, de taxer une industrie déjà réglementée au niveau de l’État pourrait compromettre la conformité et la stabilité à long terme du marché.
L’objectif principal du blocage de la taxe de Chicago est de préserver un marché durable et réglementé. Les paris sportifs en Illinois ont déjà été confrontés à plusieurs augmentations d’impôts au niveau de l’État. L’Illinois a notamment introduit une taxe par pari l’année dernière.
L’ajout d’une taxe municipale de 10,25 % augmenterait considérablement les coûts d’exploitation à Chicago, rendant potentiellement économiquement irréalisable pour de nombreux opérateurs de continuer à offrir leurs services dans la ville. Une réduction ou un retrait des principaux opérateurs de paris sportifs du marché de Chicago pourrait avoir des conséquences négatives pour les consommateurs, qui pourraient se retrouver avec moins d’options légales et des promotions réduites.
Le risque existe également que certains parieurs se tournent vers des plateformes offshore non réglementées, qui n’offrent pas les mêmes protections aux consommateurs, les mêmes garanties de jeu responsable ou le même niveau de surveillance réglementaire que celui exigé par la loi de l’Illinois.
En centralisant l’autorité fiscale au niveau de l’État, les législateurs espèrent protéger l’intégrité du marché réglementé et éviter de créer des conditions qui pourraient involontairement inciter les acteurs à se tourner vers des alternatives plus risquées.
Après l’approbation unanime de la commission des jeux de la Chambre, le HB 4171 sera maintenant soumis à l’examen de l’ensemble de la Chambre. Si le projet de loi est adopté, il sera transmis au Sénat, où les législateurs devront décider s’ils souhaitent poursuivre son examen avant l’ajournement de la session législative, prévu le 31 mai. Compte tenu de son soutien bipartite initial et de ses 32 co-sponsors, le projet de loi semble bien positionné à ce stade.