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Les libéraux centristes néerlandais au coude à coude avec le populiste Wilders

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Publié le 26 mai 2023, 08:49:00. Les élections législatives néerlandaises placent le parti centriste D66 de Rob Jetten au coude-à-coude avec le PVV de Geert Wilders, dans un scrutin serré qui pourrait redéfinir le paysage politique du pays.

  • Le parti D66 de Rob Jetten et le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders sont au coude-à-coude, visant chacun 26 sièges sur les 150 du Parlement néerlandais, selon les projections à 98% des votes dépouillés.
  • Rob Jetten, 38 ans, a bénéficié d’une campagne médiatique soignée et de performances remarquées lors des débats télévisés, inversant la tendance des sondages qui plaçaient initialement Wilders en tête.
  • Geert Wilders, bien que reconaissant un résultat inférieur à ses attentes, a obtenu le deuxième meilleur score historique de son parti et revendique le droit de former le gouvernement en premier.
  • La pénurie de logements, avec près de 400 000 manques, s’est imposée comme le principal enjeu de cette campagne, au-delà des questions d’immigration.

La course pour la première place aux élections législatives néerlandaises a tenu toutes ses promesses, se déroulant dans un suspense quasi total jusqu’à la dernière dépouille des bulletins. À quelques milliers de voix près, le parti centriste-libéral D66, dirigé par Rob Jetten, et le Parti pour la Liberté (PVV) de l’eurosceptique Geert Wilders se disputent la tête du scrutin. Les projections, basées sur 98% des votes comptabilisés, indiquent que chacun pourrait obtenir 26 sièges sur les 150 que compte le Parlement.

Alors que les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes plaçaient initialement Rob Jetten en tête, celui-ci a salué un « tournant » pour le pays. « Des millions de Néerlandais ont tourné une page ; ils ont dit adieu à une politique de négativité », a-t-il déclaré à ses partisans. De son côté, Geert Wilders a reconnu un résultat « moins bon que souhaité », marquant une perte de 11 sièges par rapport à son score de novembre 2023. Néanmoins, il a souligné avoir réalisé son deuxième meilleur score historique, affirmant que son parti, s’il arrivait en tête, devrait avoir la priorité pour former un gouvernement.

La campagne électorale a été dominée par les sondages favorables à Geert Wilders pendant une longue période. Cependant, une fracture est apparue en juin dernier lorsque le PVV a mis fin à une coalition sur fond de désaccord concernant l’asile et la migration. Cet événement a conduit les principaux partis traditionnels à exclure toute collaboration avec le leader populiste, limitant ainsi ses perspectives de gouvernance.

Rob Jetten, 38 ans, a démontré une capacité remarquable à capitaliser sur ses apparitions télévisées, se distinguant dans une série de débats et d’interviews. Sa participation à un jeu télévisé de culture générale peu avant le vote a également renforcé sa visibilité publique. Son parti, qui n’obtenait que 12 sièges dans les sondages il y a quelques semaines, a vu son élan considérablement boosté par cette stratégie.

Trois autres formations politiques suivent de près : les libéraux conservateurs du VVD, dirigés par Dilan Yesilgöz, qui se classent troisièmes avec 22 sièges, suivis par la coalition de gauche GroenLinks-PvdA et les chrétiens-démocrates (CDA).

Ce scrutin s’est en partie joué sur les thématiques de l’immigration et de la saturation des centres d’accueil, mais la question qui a le plus interpellé les électeurs est la crise du logement, marquée par une pénurie chronique de près de 400 000 logements pour une population de 18 millions d’habitants. Le D66 a proposé une solution audacieuse : la construction de dix nouvelles villes.

Le résultat a été une déception pour Frans Timmermans, leader de la coalition Gauche travailliste-Gauche verte. Alors que son parti était longtemps pressenti pour la deuxième place, il devrait finalement se retrouver quatrième. « Des temps meilleurs nous attendent », a-t-il promis à ses soutiens, tout en exprimant sa déception et en assumant la responsabilité de ce résultat, annonçant son retrait.

Geert Wilders, quant à lui, a réaffirmé sa présence sur la scène politique : « Vous ne vous débarrasserez de moi que lorsque j’aurai 80 ans. » Il a analysé la performance de son parti comme une perte de certains électeurs modérés, attirés par d’autres formations, mais aussi par des partisans plus radicaux. Le fait qu’il ait lui-même contribué à la chute du gouvernement précédent et mené une campagne moins intensive que ses adversaires a sans doute limité les pertes.

Rob Jetten a esquissé les contours d’une coalition « stable et ambitieuse », rappelant qu’il est inédit pour un parti arrivé en tête d’obtenir moins de 30 sièges. Parmi les partenaires potentiels, il a cité la coalition Gauche travailliste-Gauche verte de Frans Timmermans, ainsi que le VVD de Dilan Yesilgöz et le parti chrétien-démocrate (CDA) qui a connu une résurrection surprenante, passant de quelques sièges il y a deux ans à 18 prévus. « Quel résultat fantastique », s’est réjoui le leader du CDA, Henri Bontenbal, « Il y a deux ans, nous n’aurions pas osé rêver d’un tel résultat. »

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