Publié le 15 octobre 2025. Le prestigieux Royal Albert Hall de Londres ouvre ses portes à une discipline ancestrale du Japon. Du 15 au 19 octobre, 40 des plus grands lutteurs de sumo s’affrontent dans un tournoi exceptionnel, le Grand Sumo Tournament, marquant un retour historique de cet événement dans la capitale britannique pour la première fois depuis 1991.
- Le Royal Albert Hall accueille un tournoi de sumo sur cinq jours.
- Quarante lutteurs d’élite y participent.
- Onze tonnes d’argile et de terre ont été nécessaires pour ériger la plateforme de combat.
L’enceinte londonienne vibre au rythme du sumo à partir de ce mercredi soir. Quarante-deux rikishi, ces athlètes japonais réputés pour leur corpulence, sont arrivés pour le Grand Sumo Tournament, un événement qui vise à faire découvrir au public occidental les traditions et les rituels de ce sport millénaire. Cette compétition marque la première tenue d’un tel tournoi hors du Japon depuis l’édition de 1991, également organisée au Royal Albert Hall.
Pour l’occasion, la salle a été transformée avec l’installation d’un dohyō, l’arène de combat traditionnelle, construite à l’aide de onze tonnes d’argile et de terre. La délimitation du ring s’est faite à l’aide de balles de riz pilé, solidifiées à la bière, un détail qui souligne le souci du détail dans la reconstitution de l’atmosphère japonaise.
Ce tournoi est le fruit de plus d’une décennie de travail de la part de Hakkaku, doyen du sumo et président de l’Association Japonaise de Sumo. Ancien « Yokozuna » (Grand Champion), il avait remporté l’édition de 1991. Sa volonté est de moderniser le monde du sumo, souvent perçu comme un système quasi monastique, afin de tourner la page sur divers scandales qui ont entaché sa réputation ces dernières années.
ONOSATO, LE GRAND CHAMPION EN VUE
L’ascension fulgurante d’Onosato, le nouveau Grand Champion, populaire et talentueux, renforce cette dynamique. À seulement 25 ans, il incarne la nouvelle génération de lutteurs, alliant puissance, équilibre et une image irréprochable. Il est le premier champion local du Japon à atteindre ce rang depuis près de dix ans.
Parmi les nombreux lutteurs d’élite, dont beaucoup portent des noms de scène évocateurs, plusieurs viennent de Mongolie. Les spectateurs londoniens auront également le plaisir d’encourager deux participants ukrainiens, Aonishiki et Shishi.
Après une cérémonie de bénédiction de l’arène ce mercredi après-midi, les combats débuteront. Les spectateurs installés sur les sièges les plus proches du ring devront s’attendre à être surpris, car les projections de lutteurs d’environ 150 kg dans le public sont un phénomène courant lors des tournois de longue durée au Japon. Bien que les rituels d’avant-match, marqués par des regards intenses et des tapes de pied, puissent sembler longs, les combats eux-mêmes sont souvent d’une rapidité fulgurante.
UN TOURNOI OUVERT À TOUS
Avec des gabarits variant de Midorifuji, le plus léger à 114 kg, à Onosato, pesant 191 kg, le vainqueur du tournoi reste incertain. Étant donné que chaque lutteur ne dispute qu’un seul combat par jour, des phases finales seront probablement nécessaires dimanche pour désigner le champion.
Les retardataires souhaitant acquérir des billets risquent d’être déçus : une banderole remerciant les fans pour leur présence témoigne déjà du succès de l’événement, indiquant que tous les sièges du Royal Albert Hall sont occupés.
Reportage de Hugh Lawson, édité par Ed Osmond.
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