Publié le 14 octobre 2025. Une étude suédoise révèle que les femmes enceintes consommant des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), couramment prescrits pour les brûlures d’estomac, présentent un risque accru d’infections, tant durant la grossesse qu’après l’accouchement. Ces résultats soulignent la nécessité de peser les bénéfices et les risques de ces traitements chez les futures mères.
- Les femmes enceintes traitées par IPP ont un risque d’infection supérieur de 26 % par rapport à celles qui n’en prennent pas.
- Ce risque concerne particulièrement les infections du système digestif, virales et bactériennes.
- L’usage des IPP chez les femmes enceintes est en nette augmentation, passant de 1,5 % en 2006 à 3,4 % en 2019.
Les troubles acides, fréquents chez les femmes enceintes, conduisent souvent à la prescription d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Leur utilisation a ainsi doublé au cours des dernières années. Une vaste étude suédoise, menée par l’Institut Karolinska en collaboration avec l’Université d’Anvers, a analysé les données de plus de 1,5 million de grossesses entre 2006 et 2019 pour évaluer le lien entre la prise d’IPP et le risque d’infections.
Les résultats de cette recherche observationnelle indiquent que près de la moitié (49,7 %) des femmes ayant utilisé des IPP ont contracté une infection durant leur grossesse ou dans les trois mois suivant l’accouchement. Ce taux est significativement plus élevé que chez les femmes n’ayant pas eu recours à ce type de médication, où il s’élevait à 36,8 %.
Après avoir pris en compte divers facteurs tels que l’âge, l’indice de masse corporelle (IMC), le niveau d’éducation et d’autres pathologies, le risque d’infection total associé à la prise d’IPP est demeuré supérieur de 26 %. Les chercheurs précisent que cette augmentation du risque s’applique aux infections virales et bactériennes, avec une prédominance notable des affections gastro-intestinales.
« Nos résultats suggèrent que l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons pendant la grossesse est associée à un risque accru d’infections virales et bactériennes, particulièrement au niveau du système digestif. »
Kenny A. Rodriguez-Wallberg, Professeur à l’Institut Karolinska
« Il est essentiel de bien peser le bénéfice du médicament par rapport aux risques potentiels, surtout pour les femmes enceintes qui sont déjà plus susceptibles aux infections. »
Hana Shabana, Doctorante à l’Institut Karolinska
Les auteurs de l’étude rappellent que leurs conclusions se basent sur une étude observationnelle. D’autres facteurs, comme le mode de vie ou l’alimentation, qui n’ont pas pu être mesurés, pourraient influencer ces résultats. Ils soulignent également que les femmes qui prennent des IPP souffrent souvent de symptômes plus sévères, ce qui pourrait les exposer à d’autres facteurs de risque infectieux indépendamment du traitement.
Article scientifique :
Proton pump inhibitors and the risk of infection during pregnancy and postpartum: a population-based register cohort study in Sweden, The Lancet Obstetrics, Gynaecology & Women’s Health.