Publié le 31 octobre 2025 – 11h45. Les militants du parti indépendantiste catalan Junts per Catalunya (JxCat) ont massivement approuvé, à 87%, la décision de leur leader Carles Puigdemont de retirer leur soutien parlementaire au gouvernement espagnol. Ce vote pourrait plonger l’exécutif de Pedro Sánchez dans une instabilité politique majeure.
- 86,98 % des militants JxCat ont voté en faveur du retrait du soutien parlementaire.
- Cette décision pourrait priver le gouvernement Sánchez de majorité et bloquer l’adoption des budgets.
- Carles Puigdemont accuse le gouvernement espagnol de ne pas avoir respecté les accords passés.
La consultation interne du parti Junts per Catalunya (JxCat) a scellé le sort du soutien parlementaire au gouvernement socialiste espagnol. Jeudi, près de 87% des militants ont voté pour la décision de Carles Puigdemont de retirer leur appui, une orientation qui pourrait avoir des conséquences significatives sur la gouvernabilité de l’Espagne. Sur les 66,29% de militants ayant participé au scrutin, 10,22% se sont prononcés contre et 2,80% ont voté blanc.
La décision, bien que prévisible dans ses grandes lignes, met en péril la stabilité de l’exécutif de Pedro Sánchez, qui repose sur une majorité fragile. Le parti JxCat avait déjà marqué son opposition à plusieurs propositions législatives du gouvernement. L’impact concret de ce retrait de soutien reste encore à évaluer précisément, mais il est déjà admis que l’approbation des prochains budgets avant un an semble compromise, sans pour autant garantir la chute immédiate du gouvernement.
Lundi, Carles Puigdemont avait justifié cette position radicale par la voix d’un communiqué :
« Nous ne sommes pas disposés à continuer d’aider un gouvernement qui n’aide pas la Catalogne. »
Carles Puigdemont, leader indépendantiste catalan
Il reproche au gouvernement Sánchez de ne pas avoir honoré les engagements pris lors de son investiture en 2023. Puigdemont avait alors prévenu :
« Si dès jeudi à 18 heures les militants des Junts ratifient à l’unanimité l’accord adopté ce matin (…), le gouvernement espagnol n’aura pas et ne pourra pas recourir à la majorité de l’investiture : il n’aura pas de budgets, il n’aura pas la capacité de gouverner. »
Carles Puigdemont, leader indépendantiste catalan
Malgré ce revers potentiel, Pedro Sánchez a réaffirmé sa volonté de mener son mandat à terme, jusqu’en 2027, même en l’absence de budget. L’accord d’investiture avait notamment inclus des engagements forts en faveur d’une loi d’amnistie pour les indépendantistes poursuivis suite à la tentative de sécession de 2017, ainsi que la promotion du catalan comme langue officielle au sein de l’Union européenne.
La loi d’amnistie, finalement approuvée par le Parlement espagnol en 2024, n’a cependant pas encore bénéficié à Carles Puigdemont. La Cour suprême a en effet statué que la loi ne s’appliquait pas aux personnes faisant l’objet d’enquêtes pour détournement de fonds. L’ancien président de la Generalitat de Catalogne, qui réside toujours en Belgique, attend désormais une décision de la Cour constitutionnelle espagnole concernant le recours qu’il a déposé pour pouvoir bénéficier de cette mesure.