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Les organes rénaux montrent le rôle du gène apol1 dans la maladie rénale chronique

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Publié le 2025-10-03 14:33:00. Des chercheurs de l’Université de Leiden ont mis au point une nouvelle méthode d’étude de la maladie rénale chronique, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et au développement de traitements ciblés.

  • Une nouvelle approche utilisant des organoïdes rénaux dérivés de cellules souches humaines permet d’étudier les mécanismes de la maladie rénale médiée par l’APOL1 (AMKD).
  • Les mutations génétiques du gène APOL1, fréquentes dans les populations d’origine ouest-africaine, affectent le fonctionnement des mitochondries dans les cellules rénales.
  • Cette recherche pourrait accélérer la découverte de médicaments, car le modèle développé permet une observation directe des effets des mutations, contrairement aux études sur rongeurs.

La maladie rénale chronique (MRC) touche plus de 700 millions de personnes à travers le monde, résultant d’une combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et médicaux. Parmi les composantes génétiques, le gène Apol1 se distingue, notamment par deux variantes particulièrement répandues au sein des populations d’origine ouest-africaine. Ces variantes accroissent la prédisposition à une forme spécifique de maladie rénale, connue sous le nom de maladie rénale médiée par l’APOL1 (AMKD). Cependant, les mécanismes précis qui sous-tendent cette susceptibilité sont restés largement obscurs, limitant ainsi le développement de traitements efficaces.

Afin d’éclaircir les rouages de l’AMKD, une équipe de chercheurs de l’Université de Leiden, sous la direction de Siebe Spijker, a développé une approche novatrice. Ils ont prélevé des biopsies cutanées sur des patients atteints d’AMKD et en ont extrait des cellules souches, qu’ils ont ensuite différenciées en organoïdes rénaux. Cette technique a permis de créer des mini-organes rénaux fonctionnels en laboratoire. Pour affiner leur analyse, les chercheurs ont eu recours à des techniques de génie génétique pour corriger les mutations APOL1 dans certains de ces organoïdes. Cette manipulation a rendu possible une comparaison directe et contrôlée entre des cellules rénales saines et celles porteuses des mutations.

L’étude a révélé que les mutations présentes sur le gène APOL1 ont un impact négatif significatif sur la fonction des mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule rénale. Les podocytes, cellules spécialisées essentielles au processus de filtration du rein, se sont avérés particulièrement sensibles à ces altérations. Cette vulnérabilité s’explique par le fait que ces cellules produisent naturellement une quantité importante de la protéine Apol1. Les dysfonctionnements mitochondriaux observés se sont accentués de manière notable lorsque les organoïdes ont été exposés à des protéines inflammatoires. Ces résultats suggèrent une corrélation étroite entre l’inflammation systémique – qu’elle soit déclenchée par des infections virales ou des pathologies auto-immunes – et le déclenchement de l’AMKD chez les individus génétiquement prédisposés.

« Nous anticipons que ce modèle organoïde rénal humain contribuera à faire progresser notre compréhension de l’AMKD et à accélérer la découverte de nouveaux médicaments, d’autant plus que l’APOL1 n’est pas naturellement exprimé chez les rongeurs », a déclaré Siebe Spijker.

Cette recherche offre ainsi une vision plus claire des mécanismes par lesquels les mutations de l’Apol1 perturbent la fonction rénale. Elle ouvre également des perspectives prometteuses pour le développement de thérapies spécifiquement conçues pour les patients souffrant d’AMKD.

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