Publié le 15 octobre. Les compagnies aériennes européennes réclament une révision des règles d’indemnisation des passagers et souhaitent proposer des tarifs plus bas, tandis que le Parlement européen défend le renforcement des droits des voyageurs, notamment sur la politique des bagages.
- Les compagnies aériennes, par la voix de leur lobby A4E, estiment que les passagers préfèrent des tarifs réduits et la possibilité de payer un supplément pour les bagages plutôt que des formules tout compris.
- Elles plaident également pour une modification des règles d’indemnisation en cas de retard, suggérant d’allonger les délais avant qu’une compensation ne soit due.
- Le Parlement européen, cependant, se montre inflexible quant au maintien et à l’élargissement des droits des passagers, notamment pour l’embarquement gratuit d’un petit bagage à main.
La question des droits des passagers aériens est au cœur d’un débat animé entre les compagnies aériennes et les institutions européennes. Airlines for Europe (A4E), qui représente plusieurs grands transporteurs comme Ryanair et IAG, affirme que les réglementations actuelles ne correspondent pas aux attentes des consommateurs. L’organisation soutient que la majorité des passagers privilégient des billets moins chers, quitte à payer un supplément pour leurs bagages, plutôt que des prix plus élevés incluant un bagage cabine.
Dans cette optique, A4E demande une révision des règles d’indemnisation en cas de retard de vol. Les compagnies aériennes suggèrent notamment d’étendre le délai avant qu’une indemnisation ne soit déclenchée. Actuellement, selon la réglementation européenne EU261, les passagers ont droit à une compensation financière en cas de retard significatif, variant selon la distance du vol et le temps d’attente (trois heures pour les vols courts et moyen-courriers, cinq heures pour les vols long-courriers). A4E argumente qu’un délai de cinq heures permettrait de réduire les retards de près de 40 %, bénéficiant ainsi aux passagers et à l’environnement.
Cependant, la commission des transports et du tourisme du Parlement européen s’oppose fermement à ces propositions. Les députés européens insistent sur la nécessité de conserver et même d’élargir les droits des passagers. Ils mettent en avant l’importance de la protection des voyageurs, rappelant que derrière chaque retard ou annulation se trouvent des personnes aux vies bouleversées, manquant des événements importants. Ainsi, les eurodéputés se disent déterminés à ne faire aucun compromis sur les seuils actuels d’indemnisation, maintenant le principe des trois heures pour les vols courts et moyen-courriers.
Un autre point de discorde concerne la politique des bagages. Les députés souhaitent que les passagers puissent emporter gratuitement à bord un objet personnel tel qu’un ordinateur portable ou un sac à main, à condition qu’il rentre sous le siège, ainsi qu’un bagage à main ne dépassant pas 7 kg. A4E conteste cette mesure, citant une enquête YouGov qui montrerait que seulement 20 % des passagers accepteraient d’attendre plus longtemps pour l’embarquement d’un bagage supplémentaire si celui-ci était inclus dans le prix du billet. L’organisation appelle les décideurs politiques à prendre en compte « le choix des consommateurs et les réalités opérationnelles ».
L’eurodéputé Andrey Novakov, négociateur principal du Parlement européen sur les droits des passagers aériens, a souligné l’engagement du Parlement à trouver un « juste équilibre » entre les intérêts de l’industrie et ceux des voyageurs. Il a toutefois réaffirmé que la protection des passagers resterait une priorité, sans compromis sur les principes fondamentaux.