Publié le 13 octobre 2025 à 19:27. Face à la recrudescence des accidents mortels sur les chantiers, les dirigeants des grandes entreprises de construction ont exprimé leur engagement à renforcer la sécurité lors d’une audition à l’Assemblée nationale, tout en appelant à une analyse plus fine des responsabilités.
- Les patrons de POSCO E&C et Daewoo Engineering & Construction ont reconnu des défaillances et l’urgence d’une culture sécurité renforcée.
- Cette démarche intervient dans un contexte de sanctions gouvernementales accrues suite à des décès sur les sites de construction.
- Un appel a été lancé pour une évaluation globale des responsabilités en cas d’accident, impliquant donneurs d’ordre et gestionnaires.
Alors que le gouvernement de Lee Jae-myeong durcit les sanctions contre les entreprises impliquées dans des accidents du travail sur leurs chantiers, les principaux acteurs du secteur de la construction ont réaffirmé leur détermination à prévenir ces drames. Une audition à l’Assemblée nationale a été l’occasion pour les dirigeants de ces entreprises de s’exprimer sur ce sujet sensible, particulièrement après plusieurs décès tragiques. Le ministère de l’Emploi et du Travail a récemment dévoilé un plan ambitieux de sécurité, prévoyant des amendes pouvant atteindre 5 % des bénéfices d’exploitation pour les récidivistes, voire l’annulation de leur enregistrement.
Song Chi-young, PDG de POSCO E&C, dont l’entreprise a été vivement critiquée par le président Lee Jae-myeong pour des accidents qualifiés de « meurtre par négligence intentionnelle », a présenté ses excuses. « Je suis désolé d’avoir causé une grave catastrophe et je me sens responsable en tant que PDG », a-t-il déclaré. Il a également expliqué avoir arrêté temporairement tous les chantiers par crainte d’une nouvelle tragédie, avant de reprendre progressivement après un audit de sécurité indépendant. Ces mesures, bien que coûteuses, visent à rassurer les employés et à rétablir la confiance. « Nous ferons de notre mieux pour compenser le montant perdu grâce à une normalisation rapide de la gestion », a assuré M. Song.
De son côté, Kim Bo-hyun, PDG de Daewoo Engineering & Construction, a admis que la sécurité avait pu être négligée. Interrogé sur l’incapacité des entreprises à réduire les accidents malgré la législation, il a reconnu : « On peut certainement penser que la responsabilité en matière de sécurité a été négligée. » Il a ajouté ressentir un « sentiment de crise selon lequel aucune entreprise ne peut être menée sans garantir la sécurité », soulignant la nécessité de placer cette dernière comme priorité absolue. Cependant, il a émis le souhait que l’analyse de la responsabilité en cas de catastrophe ne se limite pas à l’entreprise de construction, mais examine aussi le rôle des donneurs d’ordre et des gestionnaires.
Plusieurs autres dirigeants ont partagé leurs préoccupations. Cho Tae-je, directeur de la sécurité (CSO) de HDC Hyundai Development Company, a souligné que la direction était consciente des menaces engendrées par de tels accidents. Joo Woo-jeong, PDG de Hyundai Engineering, confronté à l’effondrement d’un pont, a affirmé que la sécurité et la qualité étaient des valeurs fondamentales pour la survie de l’entreprise. Ces déclarations interviennent alors que l’industrie de la construction fait face à une pression croissante pour améliorer ses standards de sécurité et prévenir de nouveaux drames.
Le journaliste Lim Ki-chang de l’agence Yonhap News a couvert cette audition.