Publié le 16 février 2026. Des chercheurs omanais ont identifié dans le dromadaire des peptides aux propriétés antibactériennes prometteuses, une piste potentielle pour lutter contre la résistance croissante aux antibiotiques, un enjeu majeur de santé publique mondiale.
Face à l’urgence de trouver de nouvelles solutions pour combattre les bactéries multirésistantes, une équipe de l’Université Sultan Qaboos a exploré le potentiel immunitaire du dromadaire. Leurs travaux, publiés dans la revue Frontiers in Immunology, mettent en évidence l’efficacité de trois nouveaux peptides antimicrobiens (AMP) isolés de cet animal.
Ces peptides, nommés CdPG-3 et CdCATH, ont démontré une forte activité contre les bactéries Gram-positives et Gram-négatives, incluant des souches particulièrement problématiques comme le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et l’Escherichia coli multirésistante (MDR E. coli). Les tests en laboratoire ont révélé que ces molécules endommagent les membranes bactériennes, entraînant leur destruction, sans pour autant s’avérer toxiques pour les globules rouges de chameau ou humains, du moins aux doses testées.
L’étude, basée sur une combinaison de prédictions informatiques et de validations expérimentales (tests de formation de colonies, analyse de la perméabilité membranaire et microscopie électronique), suggère que l’immunité innée robuste des chameaux, et notamment la présence de ces AMP de type cathélicidine, pourrait expliquer leur résistance naturelle aux infections courantes chez les autres ruminants.
Selon les auteurs, cette découverte ouvre la voie à l’exploration de ces peptides de chameau comme de nouveaux agents thérapeutiques.
« Cela jette les bases de l’exploration des AMP de chameau comme agents thérapeutiques contre les agents pathogènes résistants »
Auteurs de l’étude
Un avantage majeur de ces AMP réside dans leur mode d’action : contrairement aux antibiotiques traditionnels, qui peuvent être neutralisés par des mutations bactériennes, ils perturbent de manière plus globale les membranes cellulaires, réduisant ainsi le risque de développement de résistances.
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à optimiser ces peptides pour une utilisation clinique, en s’appuyant sur les ressources spécifiques à l’Oman en matière d’élevage de chameaux.